Institut Jean-Paul II : une nomination lourde de sens

Publié le 11 Avr 2021
Institut Jean-Paul II
L’Essentiel | Le recteur de l’Institut catholique de Paris, Mgr Philippe Bordeyne, a été nommé à la présidence de l’Institut Jean-Paul II dédié à la famille. Une nomination qui vient confirmer le changement d’orientation pris par l’Institut depuis quelque temps, et laisse penser que le message de l’Église sur la contraception est promis à un avenir incertain…

  L’Institut Jean-Paul Il d’études sur le mariage et la famille de Rome aura en septembre prochain un nouveau président, en la personne de Mgr Philippe Bordeyne, prêtre du diocèse de Nanterre et recteur de l’Institut catholique de Paris. Cette nomination est à la fois logique et déplorable. Logique puisqu’elle confirme le changement radical d’orientation voulue par Mgr Paglia, son chancelier, nommé par le pape François. Déplorable puisqu’elle signifie la victoire, pour ne pas dire la revanche, d’un large courant de moralistes critiques envers le magistère de saint Jean-Paul II. Disons-le tout net, savoir que Mgr Philippe Bordeyne, ancien élève de Xavier Thévenot, va s’installer dans le siège de Mgr Carlo Caffarra, est pour nous source d’une réelle souffrance dont le sens providentiel nous échappe encore.

L’apport de Jean-Paul II occulté

Mgr Bordeyne, comme nombre de théologiens moralistes français actuels, n’a jamais vraiment saisi de l’intérieur l’approfondissement doctrinal que saint Jean-Paul II a apporté à la morale conjugale et sexuelle, rappelée par saint Paul VI dans l’encyclique Humane vitæ (1968). Rappelons que cet approfondissement est présent dans trois textes principaux : l’exhortation apostolique Familiaris consortio (1981), les catéchèses sur « la théologie du corps » (1979-1984) et l’encyclique Veritatis splendor (1993). Par ces textes fondamentaux, saint Jean-Paul II cherche à répondre à la mentalité contraceptive dans ses dimensions anthropologiques et morales. Si l’encyclique Humane vitæ a été rejetée, ou tout simplement ignorée, par nombre de théologiens et de pasteurs impressionnés par le tapage médiatique et l’incompréhension de certains fidèles, c’est qu’elle a été reçue comme l’énoncé d’une norme extrinsèque à la vie des époux. Tout au plus, peut-on alors considérer la voie rappelée par saint Paul VI comme un idéal de vie à conseiller mais en aucun cas comme un précepte obligeant en conscience. Ainsi est présupposée dans cette non-réception toute une conception faussée de la loi morale et de la notion d’acte intrinsèquement mauvais, mais aussi de la chasteté conjugale et de la vérité de l’amour sponsal. Plus de vingt ans après la publication de Veritatis splendor, Mgr Bordeyne aborde, dans un recueil…

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Thibaud Collin

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