Iran : la Chine aux commandes du Moyen-Orient

Publié le 11 Mai 2023
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Le 3 mai, le Président iranien Ebrahim Raïssi était à Damas pour signer un protocole d’accord mettant en place un plan de coopération entre son pays et le régime syrien.   Cet accord n’apparaîtrait pas surprenant, la Syrie et l’Iran entretenant des relations fortes depuis des décennies, si la Ligue arabe, le 7 mai, quatre jours plus tard, n’avait voté la réintégration du régime de Damas dans ses rangs. Rappelons qu’en novembre 2011, la Ligue arabe avait chassé la Syrie de ses réunions en raison de la répression sanglante que son armée et sa police menaient contre les manifestations pacifiques. Quand les pays arabes se positionnèrent en appui de la Révolution naissante, voire pour le Qatar en soutien des groupes islamistes radicaux, l’Iran fournissait des forces supplétives au régime de Bachar Al-Assad. Le renversement de situation côté arabe ne s’explique que dans le contexte de la réorganisation du Moyen-Orient sous l’égide de la Chine. Ainsi, le 10 mars, l’Iran et l’Arabie saoudite se réconciliaient à l’initiative des Chinois. Le 6 avril, les ministres des Affaires étrangères des deux pays se rencontraient à Pékin pour normaliser leurs relations diplomatiques. Mais que cherche la Chine ? Comme nous l’avons dit dans un précédent article (1), « les Chinois ont besoin de produire et de vendre » pour financer l’empire mondial qu’ils bâtissent. Afin de produire, ils doivent importer des matières premières et de l’énergie. Pour avoir accès à celles-ci, comme pour commercialiser les produits finis, il leur faut des routes commerciales sûres dont les guerres sont bannies. Or, sur leur façade maritime, les États-Unis se font menaçants. D’où la réactualisation modernisée des fameuses routes terrestres de la soie et ces routes passent immanquablement par le Moyen-Orient. Les arguments de Pékin ont visiblement été convaincants pour forcer les Saoudiens et les Iraniens à faire mine de se réconcilier au point, pour le roi Salmane et Ebrahim Raïssi, de s’échanger des invitations à se rendre dans leurs pays respectifs. Cependant l’hostilité demeure, fut-ce sous le velours de la diplomatie, mais en prenant la forme atténuée de la concurrence. Or, en Syrie, le Président Raïssi promet une aide importante à la reconstruction. Plus significatif encore, Téhéran voudrait créer un corridor militairement protégé pour sécuriser les approvisionnements venant par voie terrestre de l’Irak et donc de l’Iran. En amont de la Chine. Il serait même question d’une ligne de chemin de fer. En clair, c’est la route de…

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Alain Chevalérias

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