> Carte blanche de Judith Cabaud
La Genèse est le livre de tous les commencements, et de celui de l’homme racheté. L’Alliance avec Abraham récompensé pour sa foi en Dieu lui assurera la bénédiction divine ainsi qu’à sa descendance, Isaac et Jacob. L’histoire de Jacob, en particulier, nous introduit au cœur du mystère de la relation de l’être humain pécheur avec Dieu. On reconnaît dans ce personnage une multitude de gens qui peuplent notre monde actuel, car c’est un être fort, surdoué, ambitieux, menteur et bien éduqué. Né après son frère jumeau Ésaü, d’Isaac, son père, déjà âgé, et de Rébecca, Jacob qui a bonne opinion de lui-même, sait qu’il lui faut la bénédiction paternelle pour accéder à l’héritage. Par ruse, il fait renoncer Ésaü à son droit d’aînesse et obtient, avec la complicité de sa mère, la bénédiction du vieil Isaac ayant perdu la vue. Il s’enfuit chez Laban, son oncle. Pour épouser Rachel, la fille de celui-ci, il doit travailler pendant vingt ans et prendre en plus, une seconde épouse, Léa, sa sœur. Il s’enrichit, procrée et ne compte plus ses biens, sa nombreuse domesticité et son bétail. Le temps arrive où Jacob doit conduire toute sa famille dans la Terre promise et se mettre en règle avec Dieu. Il lui faut donc se réconcilier avec Ésaü qu’il avait floué, mais sans perdre la face. Ésaü l’attend de pied ferme – pour la confrontation. Chemin faisant, Jacob rêve d’une échelle sur laquelle des anges montent et descendent. Faut-il qu’il monte aussi haut, lui aussi, pour rencontrer la vérité ? Il veut mettre sa famille en sécurité et il attend Ésaü. Avant de jouer sa dernière carte, il pense avoir combiné des arguments pour apaiser sa colère. Jacob reste alors seul dans la nuit. Intervient un ange sous l’apparence d’un homme qui lutte avec lui jusqu’à l’aurore. Jacob faiblit mais lutte avec obstination. L’ange touche l’emboîture de sa hanche et cesse le combat. Jacob ouvre les yeux et lui demande son nom. Il a tenu au combat mais n’en tire plus d’orgueil. Il regarde enfin la vérité sur lui-même, mais insiste pour obtenir la bénédiction de l’ange qui ne lui dit qu’une chose ; dorénavant, Jacob s’appellera Israël. Enfin, les deux frères se rencontrent et pleurent dans les bras l’un de l’autre. Ce combat, plus spirituel que matériel, apparaît comme l’image de notre vie – « Une…







