IA : fascination et dépossession

Publié le 20 Fév 2026
IA

L’homme se trouve manipulé et remplacé peu à peu par la machine. (Pixabay/АвгустФидлер)

> L’Essentiel de Thibaud Collin
La fascination qu’exerce l’intelligence artificielle (IA) chez nombre de nos contemporains et son utilité reconnue dans bien des domaines cachent le danger réel d’enlever à l’homme ce qui lui est propre, sa capacité intellectuelle. Une autre forme de grand remplacement ?

  Les intelligences artificielles génératives (IA) dont la plus connue est ChatGPT, de la société américaine OpenAI, sont devenues en très peu de temps une réalité omniprésente dans la vie individuelle et collective. Si le nom de cette rubrique a un sens (Essentiel), il convient d’y envisager les enjeux vertigineux d’une telle nouveauté. Et de la resituer dans un processus plus large, de nature anthropologique et spirituelle. Il ne s’agit pas ici de rappeler la présentation qui en a été faite dans le dossier paru dans L’Homme Nouveau n° 1828 du 22 mars 2025.  

Un grand remplacement ?

La question principale est de savoir dans quelle mesure l’IA générative va remplacer si ce n’est l’homme en lui-même tout du moins des pans entiers de son activité. Tous ceux qui connaissent et pratiquent l’IA s’accordent à reconnaître que d’ores et déjà de très nombreuses productions jusque-là fruit de l’activité humaine ont l’IA pour source. Que ce soit dans la recherche médicale ou scientifique, que ce soit dans la création artistique, que ce soit dans la production de textes, d’images ou de vidéos, que ce soit dans les conseils en réponse à des requêtes personnelles, et la liste n’est pas close, l’IA ne cesse de progresser (1).  Ces performances inattendues et fascinantes sont celles d’ordinateurs ayant une puissance de calcul toujours plus grande et rapide, consommant une masse de données toujours plus gigantesque, à partir d’algorithmes (méthode générale pour résoudre un type de problèmes) les programmant.  Par exemple, le 14 mars 2023, OpenAI annonçait fièrement que la version 4 de ChatGPT avait passé avec succès les épreuves du barreau de New York. Elle se situait dans les 10 % des meilleurs candidats. On l’a compris, nous sommes embarqués dans une révolution qui n’est pas de même nature que les précédentes, celles de l’imprimerie, de la machine à vapeur, de l’électricité ou encore de la première informatique. En effet, il s’agit ici de prendre en charge ce qui jusqu’alors relevait du propre de l’homme, sa capacité intellectuelle. Il ne s’agit pas de se rassurer en affirmant que…

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Thibaud Collin

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