La cause d’Anne-Gabrielle Caron part à Rome

Publié le 02 Juil 2024
anne-Gabrielle Caron
Ouverte en septembre 2020, la postulation d’Anne-Gabrielle Caron, Servante de Dieu, achève bientôt sa phase diocésaine. À Rome, la Congrégation pour la Cause des Saints va examiner son dossier à partir de fin 2024.

 

La phase diocésaine de l’enquête pour la béatification de la jeune Anne-Gabrielle Caron (2002-2010) sera officiellement clôturée le 14 septembre prochain. L’enquête, ouverte le 12 septembre 2020 par Mgr Rey, sera portée à Rome par un nouveau postulateur.

Née le 29 janvier 2002, Anne-Gabrielle Caron était l’aînée d’une famille toulonnaise de quatre enfants. Dès son jeune âge, elle montre une grande compassion pour la souffrance des autres et une grande attention à ceux qui l’entourent. Elle est aussi particulièrement marquée par le Passion de Jésus, qui, lui semble-t-elle, a trop souffert pour qu’on se détourne de lui. À l’été 2008, elle se plaint de douleurs à la jambe.

Ce n’est qu’en février 2009, qu’un cancer osseux lui est détecté. Les métastases sont déjà répandues partout, elle n’en guérira pas. Elle n’a que 7 ans, et doit affronter les chimiothérapies pour la soulager. Les traitements et leurs effets sont si douloureux qu’elle va puiser ses forces dans le Christ et la Sainte Vierge, qu’elle appelle « Maman ». Proches de la famille, les missionnaires de la Miséricorde Divine passent du temps avec Anne-Gabrielle, l’aidant à donner du sens à ses souffrances. Mais, côtoyant les autres enfants malades, elle souffre de voir que beaucoup se moquent de Dieu. Leur manque de foi ébranle la sienne, mais elle « espère que tout cela, c’est bien vrai ».

 

Une soif de Dieu

Quelques semaines plus tard, elle est en rémission, mais les médecins sont pessimistes, ce ne sera que temporaire. Elle reçoit le sacrement de la confirmation et se prépare à recevoir Jésus « tout entier » pour la première fois, dans la paroisse Saint-François-de-Paule de Toulon. Le grand jour, elle est retenue à l’hôpital. Quand elle arrive enfin dans l’église, la messe est finie et la procession s’apprête à sortir. Le prêtre l’entraîne alors au tabernacle et la fait communier. Signe de sa maturité spirituelle, son attitude marque les prêtres et les paroissiens qui y assistent : « On avait l’impression qu’elle marchait vers le Ciel. »

En janvier 2010, Anne-Gabrielle rechute. Malgré sa peur de la mort, elle accepte les souffrances de sa maladie et prie pour les intentions qu’on lui confie. Inscrite aux Europa Scout, elle parvient à prononcer sa promesse de louvettes en février, pour sa plus grande joie.

Mais bientôt, les souffrances se font de plus en plus virulentes dans tous ses membres, c’en est « trop » pour la fillette qui ne peut que redemander encore de la morphine et prononcer le nom de « Jésus ». Elle communie chaque jour durant ses trois dernières semaines, demandant à Dieu de prendre sur elle les souffrances des autres enfants de l’hôpital, et priant pour tous les pêcheurs qui se coupent de Dieu. Le 22 juillet, une dernière crise annonce sa longue agonie. Percluse de douleurs, elle reçoit l’extrême-onction et le viatique pour la troisième fois. Anne-Gabrielle rend son âme à Dieu à 23h50, le vendredi 23 juillet 2010.

 

La cause avance

Dès 2018, la paroisse Saint-François-de-Paule propose de se constituer en postulateur de sa cause de béatification. Celle-ci est ouverte le 12 septembre 2020, et Anne-Gabrielle déclarée « Servante de Dieu ». Pascal Barthélemy, ancien président des Europa Scouts, devient le postulateur de la cause diocésaine.

En septembre 2024, après avoir recueilli des témoignages de ceux qui ont connu Anne-Gabrielle ou l’on invoquée, et assuré l’héroïcité de ses vertus, la cause sera remise à Rome. La Congrégation pour la Cause des Saints devra s’assurer de la « réputation de sainteté » d’Anne-Gabrielle, mais aussi de la « réputation de signes », autrement dit les grâces reçues par son intermédiaire. Le Pape pourra ensuite la déclarer vénérable, après l’avis du Congresso des experts théologiens. Pour Pascal Barthélemy, Anne-Gabrielle pourrait être sainte pour trois raisons : « l’acceptation de sa maladie, parallèlement à la volonté de la surmonter », sa manière d’offrir ses souffrances pour les autres, et enfin son sourire remarquable.

 

>> à lire également : Toussaint (1/3) : La sainteté attend-elle le nombre des années ?

 

Mayalen de Vergnette

Mayalen de Vergnette

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