Toussaint (2/3) : Même les enfants peuvent être canonisés !

Publié le 01 Nov 2023
sainteté enfants

Famille Ulma ©OSV News photo/courtesy rafaelfilm

> DOSSIER 1794 : « Il y aura des saints parmi les enfants » 
Longtemps l’Église n’a béatifié et canonisé comme confesseurs de la foi que des jeunes gens et des adultes. Il semblait difficile d’établir que des enfants avaient exercé les vertus de façon héroïque. L’affaire a commencé à évoluer à partir du XXe siècle. 

  Certes, depuis longtemps, des enfants ont été béatifiés ou canonisés comme martyrs. Un des plus jeunes a été Dominique Nisachi, un petit garçon de 2 ans qui faisait partie d’un groupe de fidèles tués au Japon par haine de la foi entre 1617 et 1632, et béatifiés comme martyrs par Pie IX en 1867. En septembre dernier, en béatifiant comme martyre une famille polonaise complète – Jozef et Wiktoria Ulma et leurs sept enfants, tués par les Allemands en 1944 pour avoir caché des Juifs –, l’Église a pour la première fois proclamé le martyre d’un nouveau-né puisque la mère, qui devait accoucher, a perdu son enfant alors qu’elle était abattue.  

Dominique Savio

Longtemps, l’Église n’a pas béatifié ou canonisé d’enfants non martyrs, car on pensait qu’il est très difficile de prouver l’héroïcité de leurs vertus. Le plus jeune saint non martyr fut Dominique Savio, le jeune disciple de don Bosco, mort en 1857 alors qu’il allait avoir 15 ans. Il fut béatifié en 1950 et canonisé en 1954. Lors de la messe de canonisation, Pie XII avait salué « Dominique Savio, fragile adolescent, au corps faible, mais à l’âme tendue dans une pure oblation de soi à l’amour surhumainement délicat et exigeant du Christ ». Et il soulignait qu’un adolescent peut s’avancer sur la voie de la sainteté : « À un âge si tendre, on s’attendrait plutôt à trouver de bonnes et aimables dispositions d’esprit ; en revanche, on découvre en lui avec stupeur les merveilleuses voies des inspirations de la grâce, une adhésion constante et sans réserve aux choses du Ciel que sa foi percevait avec une rare intensité. » (1) Néanmoins, des causes de béatification d’enfants plus jeunes sont restées bloquées pendant plusieurs décennies. Ainsi celle d’Anne de Guigné, morte en 1922 des suites d’une méningite, alors qu’elle n’avait pas encore 11 ans, et dont la cause avait été ouverte en 1935, et celle de Guy de Fontgalland, mort de diphtérie à 11 ans, en 1925, et dont la cause avait été ouverte en 1941.  

La positio d’Anne de Guigné

Les « problèmes particuliers »…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Yves Chiron

Ce contenu pourrait vous intéresser

SociétéÉducation

Les Français plébiscitent le chèque scolaire

À l’approche des élections présidentielles, la Fondation pour l’école a rendu public un sondage Ifop sur les attentes des Français en matière d’organisation scolaire, de liberté de choix et d’accompagnement des familles. Son directeur, Michel Valadier, souligne l’importance de porter ces questions dans le débat public.

+

chèque scolaire fondation pour l'école
Société

Commentaires sur Internet : une avancée démocratique ?

Dans un ouvrage récent, l'essayiste Mara Goyet offre le décryptage d'une tendance contemporaine : commenter les produits, services et toutes sortes d'expériences de la vie quotidienne. S'agit-il d'une nouvelle forme de communication, du désir d'aider les autres, d'une volonté de puissance ou d'une thérapie ?

+

commentaire
SociétéBioéthique

Transgenrisme (3/4) : Soigner à la française les mineurs tourmentés

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | Christian Flavigny, pédopsychiatre français, a vu venir de loin ce mouvement d’embrasement de la théorie du Genre et s’attache, depuis 2012, à en contrer les ravages chez les mineurs. La manifestation de ce qu’on appelle « dysphorie de Genre », chez l’enfant, est un tourment auquel la psychologie, telle qu’elle est pratiquée en France, peut et doit apporter son aide.

+

transgenrisme genre mineur