Le 24 janvier, Pékin destituait officiellement Zhang Youxia, le plus haut responsable militaire chinois. Une purge et un pas supplémentaires de Xi Jinping, président de la république de Chine, dans son ascension vers le pouvoir absolu.
Fin janvier, on apprenait la destitution de Zhang Youxia, le plus haut responsable militaire chinois. Il était le vice-président de la Commission militaire centrale que Xi Jinping, président de la République, dirige. L’importance de sa position se doublait de son appartenance à la faction dite des « Princes rouges », groupe d’influence formé de descendants des anciens du régime communiste chinois. Sa mise à l’écart est révélatrice de la tendance à la concentration du pouvoir entre les mains de Xi Jinping. L’accession à la magistrature suprême de ce dernier n’était guère envisageable au début de sa vie. Certes, il est le fils d’un compagnon de Mao Zedong (Mao Tsé-toung) et il a passé les neuf premières années de sa vie parmi ses semblables de la nomenklatura communiste. Mais en 1962, son père était accusé de « complot », écarté du pouvoir et humilié à la suite d’une purge ordonnée par le même Mao Zedong. Xi Jinping, lui, était envoyé à la campagne pour « rééducation politique» où il vivra sous la dénomination d’« ennemi du peuple », soumis à un labeur d’une dureté éreintante. Mais le jeune garçon sait qu’il n’a pas d’autre chance de réussir que de plier. En 1971, il adhère à la Ligue de la jeunesse communiste. Puis, en 1974, après neuf refus, il parvient à obtenir la carte du Parti. Cependant, au lendemain de la Révolution culturelle, le père de Xi Jinping est réhabilité par Deng Xiaoping, numéro un de l’État de 1978 à 1989. Retrouvant des fonctions, il réactive son réseau d’amis et en profite pour soutenir son fils. Grâce à cet appui, à la fin de ses études, ce dernier obtient un poste de secrétaire particulier de Geng Biao, membre de la Commission militaire et futur ministre de la Défense. C’est le début de son envol. Il avance d’abord pas à pas, avec des nominations en province, mais remplissant avec efficacité ses missions et se faisant connaître. Enfin, en 2007, il se fait coopter comme membre du Comité permanent du bureau politique du Parti communiste puis élire vice-président de la République le 15 mars 2008. Xi Jinping s’active alors pour écarter ceux qui pourraient lui barrer la route. Ainsi, s’appuyant sur la faction des « Princes rouges »,…







