La France va-t-elle enfin mettre en place un vrai plan en faveur des soins palliatifs ?

Publié le 11 Déc 2015
La France va-t-elle enfin mettre en place un vrai plan en faveur des soins palliatifs ? L'Homme Nouveau

Le ministre de la Santé Marisol Touraine avait promis, et bien d’autres responsables politiques avant et avec elle, un plan de soins palliatifs à l’échelle nationale. 80 % des personnes qui auraient besoin de soins palliatifs décèdent sans y avoir eu accès. Un chiffre qui résume à lui seul l’ampleur du travail qui reste à faire pour améliorer la fin de vie en France. Marisol Touraine a donc présenté le 4 décembre dernier un plan national. Reste désormais à réunir un comité de pilotage pour définir les conditions d’application concrète des directives du ministre.

Quatre grands axes de développement des soins palliatifs ont été définis :
– informer le patient sur ses droits,
– développer l’hospitalisation à domicile,
– développer la formation en soins palliatifs des professionnels de la santé,
– et réduire les inégalités territoriales d’accès aux soins palliatifs en les développant prioritairement dans les zones qui en sont dépourvues.

Quatre axes qui ont le mérite, en tout cas sur le plan théorique, d’apporter une promesse de solution aux problèmes dénoncés depuis longtemps par les promoteurs des soins palliatifs en France (relire notre entretien avec le Docteur Vincent Morel, président de la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs ici)

Quelques chiffres

Peu d’informations précises ont été données pour l’instant mais le ministre a annoncé plusieurs chiffres, et notamment :
– ce plan en faveur des soins palliatifs sera mis en place de 2016 à 2018,
– 190 millions d’euros seront mobilisés sur les trois ans,
– 30 nouvelles équipes mobiles de soins palliatifs seront mises en place dès 2016 sur toute la France,
– chaque région devra disposer d’au moins un lit de soins palliatifs pour 100 000 habitants, d’ici 2018,
– et une nouvelle filière universitaire sera créée, consacrée à la formation aux enjeux spécifiques de la fin de vie.

Si ce plan national est effectivement mis en œuvre, il représentera déjà un vrai pas en avant dans la prise en charge de la fin de vie en France.

Mais si pour les défenseurs de la vie, les soins palliatifs apparaissent comme une réponse juste à la souffrance physique et morale en fin de vie, ils ne font partie, pour les autres, que d’une offre parmi d’autres à l’approche de la mort : soins palliatifs, sédation profonde et continue jusqu’au décès, suicide assisté ou euthanasie active… C’est bien la « carte » de la mort douce que Marisol Touraine voudrait pouvoir proposer aux patients, qui n’auraient plus qu’à choisir leur menu. D’ailleurs, ce plan de développement des soins palliatifs avait été annoncé par François Hollande au moment où lui était remise la proposition de loi Claeys & Leonetti sur la fin de vie, laquelle contient, on le sait, de graves dérives euthanasiques.

Dès lors, s’il faut se réjouir de ces mesures enfin prises pour élargir l’accès aux soins palliatifs, il ne faut certainement pas y voir un soudain revirement du gouvernement socialiste en faveur de la défense de la vie.

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