La pause liturgique : Kyrie 2 Fons bonitatis (pour les solennités)

Publié le 19 Mai 2023
Grégorien agnus

Commentaire musical

Ce Kyrie qui est chanté pour les solennités, est daté du Xe siècle. C’est un 3ème mode. Il suit un schéma assez classique de type abc, mais avec des petites particularités. Par exemple, il y a un tronc commun entre toutes les formules, tant des Kyrie que des Christe, c’est la mélodie de la dernière incise, avec le mot eléison, identique à chaque fois. Ensuite, entre les premiers Kyrie et les derniers, seule la mélodie initiale, celle qui affecte l’énoncé du mot, est différente (Fa-Sol-La-La pour les premiers, Do-Si-Do-Ré-Ré pour les derniers). Tout le reste est identique, sauf que le tout dernier Kyrie introduit une répétition mélodique par rapport au précédent. Il serait donc plus juste de préciser le schéma de ce Kyrie en le présentant ainsi : a-ba-ca-c’a.

Une autre remarque peut être faite au niveau mélodique, c’est qu’à quelques exceptions près, la mélodie procède par degrés conjoints. On relève trois tierces et une quinte dans les premiers Kyrie, cinq tierces, une quarte et deux quintes dans les Christe, trois tierces et une quinte dans l’avant-dernier Kyrie, cinq tierces et une quinte dans le dernier. C’est peu, et les nombreux degrés conjoints donnent à cette mélodie un caractère très paisible, très unifiant. On a l’impression d’une liane flexible.

Un long mélisme affecte les finales des mots Kyrie et Christe. Les autres syllabes sont affectées soit d’une seule note (l’accent du premier Kyrie, les trois syllabes faibles de eléison), soit d’un neume de deux notes (podatus ou clivis), soit d’un neume de trois notes (un torculus sur l’accent de eléison).

Dom Gajard recommande de chanter à plein ce beau Kyrie, dans un tempo assez soutenu. En particulier, les notes pointées ou les pressus ne doivent pas être lourds, trop longs, mais au contraire plutôt dynamiques.

Pour les trois premiers Kyrie, on doit faire sentir un crescendo au début de la deuxième incise , après le quart de barre. Et pour cela, on peut préparer ce crescendo dans la longue descente mélodique qui précède. Sur la formule qui suit immédiatement le quart de barre, le podatus La-Do doit être bien arrondi et sa base (le La) bien appuyée, non raccourcie. C’est un La qui porte, explique dom Gajard.

Pour les Christe, il faut bien suivre la ligne mélodique et ses variations d’intensité. La deuxième incise est plus forte que la première. L’ensemble est très régulier.

Les trois derniers Kyrie doivent être chantés à plein, en adoucissant un peu la finale de la première incise : nous chantons en effet une pénultième et une syllabe finale de mot, tandis que lorsque la mélodie se répète (deuxième incise : reprise Si Do Ré), nous sommes en pleine musique. Alors, on peut y aller à plein !

Pour écouter ce Kyrie : 

un moine de Triors

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseÉglise de France

L’urgence de former les fidèles à l’islam

Entretien | Fondateur des Missionnaires de la Miséricorde divine qui œuvrent à l’évangélisation explicite de l'islam, l’abbé Fabrice Loiseau vient de publier Chrétiens et musulmans, avons-nous le même Dieu ? (Artège). Il appelle notamment à une formation des catholiques pour annoncer le Christ aux disciples de Mahomet.

+

Loiseau islam
À la uneÉgliseLiturgie

Le Royaume de Dieu, notre premier but

L’esprit de la liturgie | Pour sauver sa vie, il faut non seulement vivre dans le détachement des richesses terrestres, mais aussi dans le renoncement à soi-même. Une véritable richesse en découle, celle de la Vérité et de l'union au Christ sur terre et au Royaume.

+

liturgie royaume de dieu bien
À la uneÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Séquence Ave Maria

La séquence Ave Maria est une authentique petite merveille de grâce et de pureté. C'est une salutation à la sainte Vierge qui devient louange puis prière. La mélodie est porteuse et facile à retenir parce qu'elle est alternée et se répète de deux phrases en deux phrases. Il s’agit d'un 6ᵉ mode, celui de l'enfance spirituelle.

+

grégorien Ave Maria
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeHistoire

Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (2/4) : Sainte Kateri, le Lys des Mohawks

DOSSIER « Sainte Kateri Tekakwitha, la sainteté en Nouvelle-France » | Née en 1656 et morte en 1680 à l’âge de 24 ans, Kateri Tekakwitha est la première autochtone d’Amérique du Nord à avoir été canonisée. En apostolat au Canada, l’abbé Jacques Breton, de la Fraternité Saint-Pierre, souligne combien cette pure figure rappelle la haute vocation de la France dans l’ordre de la Providence.

+

Kateri Tekakwitha