La prison de saint Paul à Césarée 

Publié le 21 Déc 2024
centurion Césarée st Paul

Palais du promontoire d'Hérode le Grand, Césarée. © Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

> Focus
En novembre dernier, la prison de saint Paul à Césarée (Israël) a été découverte par des archéologues sous l’emplacement du Palais d’Hérode, en bord de mer, fouillé depuis les années 1950.

  La prison de saint Paul à Césarée a été découverte il y a quelques semaines sous les vestiges du palais d’Hérode. D’après les Actes des Apôtres, Paul aurait été détenu à Césarée de 58 à 60, sans que le procureur ne prenne de décision quant à son jugement. En effet, en tant que citoyen romain, Paul avait été soustrait des mains des Juifs qui voulaient le mettre à mort, pour être confié à Felix, gouverneur de Judée, et bénéficier ainsi d’un procès équitable. Felix le fait donc « incarcérer au prétoire d’Hérode » (Ac 23, 35) en attendant que les accusateurs juifs se présentent. Il ne statue finalement jamais sur son cas. Il faut attendre son successeur Festus, deux ans plus tard, pour que Paul soit libéré de captivité. Il est alors envoyé à Rome, conformément à son désir d’être jugé par César.

La résidence du gouverneur romain

Le prétoire d’Hérode, dont fait mention le texte, est un vaste palais édifié entre 22 et 9 avant Jésus-Christ par Hérode le Grand, roi de Judée et instigateur du massacre des Innocents, sur les bords de la mer Méditerranée. Il fonde au même endroit la ville portuaire de Césarée, sur les bases d’un ancien port, pour en faire sa capitale. À la mort d’Hérode, la Judée devient province romaine, et le palais résidence officielle du gouverneur romain. Il sert donc aussi de tribunal, ou « prétoire ». On sait par ailleurs que la ville de Césarée fut habitée par Philippe, l’un des sept premiers diacres, ainsi que par le centurion Corneille. Les lieux sont fouillés pour la première fois dans les années 1950, puis en 1976 par le professeur Ehud Netzer, de l’Institut archéologique hébraïque de Jérusalem. Ces fouilles permettent de mettre au jour un temple, un théâtre, un hippodrome et un aqueduc, ainsi qu’une pierre comportant la seule mention retrouvée de « Ponce Pilate ». Une deuxième session a lieu avec une équipe américaine en 1990, puis en 2010, 2013 et 2018. Jusque-là, il était probable que le lieu d’emprisonnement de Paul puisse y être retrouvé, mais sans preuve tangible.

Sous une citerne

C’est finalement vers une ancienne citerne, située sous le palais, que les recherches se…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Mayalen de Vergnette

Mayalen de Vergnette

Ce contenu pourrait vous intéresser

ÉgliseLiturgie

La pause liturgique | Sanctus 13, Stelliferi Conditor orbis (Fêtes des saints)

Le Sanctus XIII n’est représenté que par deux sources : une anglaise en provenance de Norwich, datée du XVᵉ siècle ; et une française, de Paris, datée précisément de 1508. C’est un 8ᵉ mode, ferme, bien appuyé sur sa tonique Sol, mais son caractère majoritairement syllabique en fait certainement un des Sanctus grégoriens les plus légers, les plus enthousiastes.

+

communion kyrie introït séquence pâques sanctus ascension glória alléluia
À la uneCultureArt et Patrimoine

L’exposition : Momies

Jusqu’au 25 mai 2026, le Musée de l’homme consacre une exposition aux momies, révélant les rites, techniques, et croyances qui leur sont liées. Parmi celles conservées au muséum, neuf sont exposées au public et recontextualisées.

+

momies
À la uneCultureArt et Patrimoine

Centenaire de Gaudí (3/4) : Le catholicisme catalan, fondement spirituel de Gaudí

DOSSIER « Antonio Gaudí, centenaire d’un bâtisseur de Dieu » | L’œuvre de Gaudí ne surgit pas ex nihilo : elle s’enracine dans un catholicisme catalan plusieurs fois séculaire, façonné par la Reconquête, nourri par Montserrat et défendu jusqu’à l’époque moderne. Comprendre ce terreau spirituel éclaire l’inspiration profonde de la Sagrada Família et la cohérence théologique de son architecture.

+

gaudi catholicisme catalan