La réforme de la réforme est bien vivante

Publié le 22 Oct 2013
La réforme de la réforme est bien vivante L'Homme Nouveau

Dans son carnet La messe à l’endroit (Éditions de L’Homme Nouveau, collection « Hora Decima »), l’abbé Claude Barthe disait – il le disait sous Benoît XVI – que l’on ne devait pas attendre des lois et règlements venant d’en haut pour opérer la réforme de la réforme, mais qu’elle était l’affaire des prêtres de terrain :

« la réforme de la réforme consiste essentiellement dans des choix entre les diverses possibilités laissées par le nouveau missel. Très concrètement, c’est l’aspect systématique des bons choix qui fera la réforme de la réforme ».

Une floraison d’ouvrages sur la question

À plus forte raison est-ce vrai sous le Pape François, où l’on n’a plus l’exemple romain des cérémonies pontificales et de leurs petits coups de pouce réformateurs.

De fait, les parutions de livres en ce sens continuent sous le nouveau pontificat, par exemple du père Giorgio Farè, Le due forme del rito romano (Cantagalli, 2013) ; de Daniele Nigro, I diritti di Dio. La liturgia dopo il Vaticano II (Sugarco, 2013, avec une préface du cardinal Burke). On peut faire entrer dans cette ligne, le petit livre tout récemment paru de Thierry Laurent, La liturgie de la messe geste après geste. Commentaire pastoral de la messe en sa forme ordinaire (Le Laurier, 116 p., 10 €).

Une préface du cardinal Cañizares

Laurent livre

L’abbé Thierry Laurent, prêtre du diocèse de Paris, a commencé son ministère sacerdotal dans le diocèse de Saint-Denis, et il vient d’être nommé aumônier du collège Stanislas, à Paris. Muni d’une préface extrêmement sentie du cardinal Cañizares, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin – « L’abbé Thierry Laurent nous a procuré beaucoup de joie… » –, il décrit, analyse, commente chaque rite. Et d’abord les choisit, car comme on le sait la nouvelle forme ordinaire est largement une liturgie à la carte, dans laquelle rien n’interdit, au contraire, d’opter pour le meilleur :

« La messe peut débuter par l’aspersion d’eau bénite de tous les fidèles… L’autel est consacré… Il renferme les reliques des saints… », etc.

Avec d’utiles rappels : « Le lecteur est en priorité celui qui est institué pour cela » (sur le croquis correspondant, c’est un clerc en surplis). Dans cette messe ordinaire, où selon les illustrations, l’autel est bâti sur trois marches, les chandeliers sont posés sur l’autel de part et d’autre de la croix, la messe est dite face au Seigneur, les fidèles s’agenouillent (par exemple, pour réciter le Confiteor !).

Le canon romain

On encense l’autel au début de la messe et à l’offertoire. La prière eucharistique est aussi qualifiée de canon (et c’est la première prière eucharistique, le canon romain, que Thierry Laurent choisit de commenter), listes de saints comprises, lesquelles sont, elles aussi facultatives.

« Pour manifester un plus grand respect et une plus grande adoration, je peux recevoir le Christ à genoux sur la langue. (…) Il est donc recommandé de le recevoir directement en moi, sur la langue, car telle est la règle commune ». Les mots latins usuels abondent, de même que les parallèles : « Dans la messe en forme extraordinaire, on fait toujours, dans la messe en forme ordinaire, au choix du célébrant… »

La description du rite est systématiquement suivie d’une explication mystique prise dans les commentaires patristiques et médiévaux, ce qui est peut-être l’innovation la plus remarquable de ce travail pastoral.

L’Offertoire traditionnel

Et comme, lors de l’offertoire, le prêtre prie « secrètement comme le Christ à Gethsémani », rien ne lui interdit de se servir des prières de l’offertoire traditionnel.

En encourageant l’auteur, le cardinal Cañizares pousse « les jeunes prêtres » à poursuivre un tel travail « à l’égard des enfants », comme s’il était évident que seule une nouvelle génération de clercs s’adressant à de nouvelles générations de fidèles peut l’accomplir. S’il n’est pas besoin de dire que cette interprétation de la messe ordinaire (comme on interprète un texte, une partition de musique et un livret de théâtre) doit beaucoup au patron que représente la célébration traditionnelle, il faut ajouter qu’une telle interprétation recrée un milieu vital extrêmement favorable au développement de la messe en forme extraordinaire au sein même des paroisses.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (1/3) : Ce que je dois au rite byzantin

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | À 21 ans, le père Louis-Marie de Blignières, fondateur par la suite de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, assistait pour la première fois à un office religieux selon le rite byzantin, dans l'une des plus anciennes églises parisiennes. Plus d'un demi-siècle après, il mesure combien cette rencontre presque fortuite a nourri sa spiritualité et sa compréhension de la complémentarité entre l'Orient et l’Occident. Un précieux témoignage liturgique.

+

liturgie byzantine
À la uneÉgliseLéon XIV

Léon XIV : « L’histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine »

Commentaire du Pape | Du 19 au 21 octobre 2026, le Dicastère pour la Cause des Saints organisait un congrès international sur « La sainteté dans l’Histoire ». Dans son discours de clôture, Léon XIV a affirmé que « l'histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine ». Il a aussi insisté sur  la nécessité d'une rigueur historique stricte dans les processus de canonisation.

+

saint dicastère Léon XIV pape
À la uneÉgliseSpiritualité

La Toussaint : fête des vivants

Carte blanche à Judith Cabaud | Le 1er novembre, l’Église catholique célèbre la fête de tous les saints – connus ou inconnus. Par extension, le lendemain, le 2, on commémore tous les fidèles défunts. Dans l’Évangile, la mort n’est pas une fin absolue, mais une promesse de vie et de résurrection.

+

Toussaint saint ciel défunt novembre
Église

L’apostolat de la Fraternité Saint-Pierre à Fribourg

Carte blanche à Yves Chiron | La Fraternité Saint-Pierre (FSSP) a d’abord eu son siège à Wigratzbad, en Allemagne, où se trouve son séminaire international. En 2003, la Maison générale a été transférée à Fribourg, en Suisse. L'apostolat s’y exerce dans la basilique Notre-Dame, la plus ancienne église de la ville, avec la messe, des confessions, du catéchisme pour enfants ou adultes et des groupes de prières.

+

fribourg fssp Fraternité Saint-Pierre
ÉgliseLiturgie

Les saints, notre famille du Ciel

L’esprit de la liturgie | La célébration de la Toussaint est l'occasion de nous rappeler que nos appuis, nos intercesseurs et nos modèles sont tous les bienheureux qui nous ont précédés au Ciel et auxquels nous nous unissons à travers l'imitation du Christ.

+

Toussaint saints