La Sainte Tunique d’Argenteuil, une ostension inattendue

Publié le 11 Avr 2023
sainte tunique

Wikimedia Commons

« Je suis extrêmement heureux de vous annoncer un prochain événement qui va impliquer les paroissiens de la basilique, les bénévoles de la Sainte Tunique, les pouvoirs publics et la ville d’Argenteuil. » Ce dimanche 26 mars, journée annuelle de vénération de la Sainte Tunique, portée par le Christ lors de sa Passion, Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise, officialise la nouvelle dans la basilique d’Argenteuil : « dès le printemps 2025, j’ai souhaité que se tienne une nouvelle ostension exceptionnelle de la Sainte Tunique ». La tunique que Notre-Seigneur porta lors du chemin de croix avait été en possession de l’impératrice Irène de Constantinople au IXe siècle. Afin d’augmenter son pouvoir, celle-ci, souhaitant se marier avec l’empereur Charlemagne, lui fit don de cette relique. L’empereur la confia alors à l’abbaye d’Argenteuil. Conservée à la basilique d’Argenteuil depuis douze siècles, le vêtement porté par le Christ lors de sa Passion est la tunique qu’on ne put partager car « sans couture, tirée d’une pièce à partir du haut » (Jn, 19, 23). Cette tunique indivisée, le curé d’Argenteuil dut cependant la découper lors de la Révolution, pour la cacher et la sauver des mains de ceux qui voulaient la détruire. Il n’en retrouva malheureusement qu’une partie. Aujourd’hui, la Sainte Tunique est enfermée dans un reliquaire, et seul un morceau est visible des fidèles. Le reliquaire n’est exposé qu’une fois par an, lors de la journée annuelle de vénération. Une ostension de la Tunique, où celle-ci, dépliée, est entièrement exposée aux yeux des fidèles, est donc exceptionnelle. La tradition veut qu’elle soit montrée deux fois par siècle. Les trois dernières ostensions ont eu lieu en 1934, 1984 et 2016. La prochaine était prévue pour 2034, mais Mgr Lalanne a finalement avancé l’échéance au printemps 2025. Après les deux ans de pandémie de Covid-19, le pape François a en effet annoncé le lancement d’un jubilé mondial, « Pèlerins d’espérance », pour « favoriser grandement la recomposition d’un climat d’espérance et de confiance ». Dans son communiqué écrit du 26 mars, Mgr Lalanne a donc affirmé que « les fidèles et pèlerins seront appelés particulièrement à vénérer la Sainte Tunique, à…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Aymeric Rabany

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseÉglise de France

Pèlerinages régionaux (3/4) : Un rite traditionnel souvent mal reçu…

DOSSIER « Des pèlerinages régionaux aux racines chrétiennes de la France » | Il y a une situation qui se répète malheureusement dans la plupart des cas : si les pèlerinages régionaux suscitent un certain engouement, ils ne reçoivent pas le soutien des évêques locaux. Souvent, la liturgie traditionnelle se voit interdite. Certains pèlerinages trouvent des solutions, d’autres doivent être annulés.

+

pèlerinage tradition messe rite évêque
À la uneÉgliseLiturgie

Le Bon Pasteur, modèle du Souverain Pontife

L’esprit de la liturgie | La Sainte Écriture et les rites liturgiques soulignent l'autorité particulière conférée au pape par son élection, qui fait de lui le détenteur des clefs, lui donnant le pouvoir de remettre les péchés et le rôle de Bon Pasteur, celui qui va à la recherche des brebis perdues.

+

bon berger bon pasteur
À la uneÉgliseÉglise de France

Pèlerinages régionaux (1/4) : Lorsque le « phénomène de Chartres » s’installe dans les régions de France

DOSSIER « Des pèlerinages régionaux aux racines chrétiennes de la France » | Les deux dernières années ont connu une véritable explosion des pèlerinages locaux qui entretiennent un lien avec Notre-Dame de Chrétienté. Ils tirent leur inspiration du grand pèlerinage de Pentecôte, mais également d’initiatives locales déjà mises en place depuis quelques années.

+

Feiz e Breizh pèlerinages traditionnel région
À la uneÉgliseLiturgieMagistère

Cardinal Sarah : Combattre les tenants de la liturgie traditionnelle « est purement idéologique »

Entretien | Le 27 août dernier, le cardinal Robert Sarah, préfet émérite de la Congrégation pour le Culte divin, a accordé un entretien à Nico Spuntoni du grand quotidien italien Il Giornale. À la demande du cardinal, nous publions une version française de cet entretien qui propose des observations nourries de sa foi et de son regard sur l’Église, en vue d'alimenter la réflexion, notamment sur l’avenir de la liturgie dans l’Église latine.

+

Sarah liturgie tradition