La véritable liberté chrétienne

Publié le 13 Oct 2021
La véritable liberté chrétienne L'Homme Nouveau

Poursuivant ses commentaires sur l’épître aux Galates, le Pape aborde, lors de l’audience du 6 octobre,  l’un des thèmes fondamentaux, sinon le principal : celui de la liberté chrétienne. Le chrétien en effet ne vit plus selon la chair, mais selon l’Esprit. Il n’est plus instruit selon la lettre qui tue, mais selon la vérité de l’Esprit, afin de faire fructifier en lui les fruits de l’Esprit, énumérés au chapitre cinquième de cette épître aux Galates.. Il doit marcher au grand jour, fuyant tout ce qui se dissimule dans l’ombre. Évitant tout à la fois la convoitise de la chair et la convoitise des yeux car cette double convoitise restreint et supprime même la vraie liberté en créant et développant des dépendances.

            Dans le Christ, en effet, le chrétien est appelé à la vraie liberté : tel est le grand enseignement du chapitre V de l’épître aux Galates, enseignement repris dans l’épître aux Romains ; c’est lui que commente le Pape. Le mystère pascal du Christ devient la source féconde de la véritable liberté de l’homme. Dès l’Ancien Testament, la notion de liberté impliquait une relation avec le mystère pascal. Elle exprimait un rachat, une délivrance de la servitude, notions essentielles que reprend saint Paul en les appliquant au mystère pascal du Christ, notre seul et vrai libérateur. Le chrétien n’est plus désormais sous le règne de la Loi, mais sous celui de la grâce. En définitive, c’est le péché qui entraîne la mort et nous empêche de vivre dans le Christ. La Loi est incapable de dégager l’homme du péché et de la mort qui en est la conséquence. Seule la grâce du Christ peut le faire. C’est pourquoi le péché vole à l’homme sa propre liberté, sa liberté authentique qu’il ne pourra découvrir et accomplir que sous le régime de la grâce « christoconformante », pour reprendre la belle expression du cardinal Journet. La liberté du chrétien dépend donc et est conditionnée par la libération que lui apporte le Christ. Proclamer l’Évangile, pour saint Paul, c’est donc annoncer aux Juifs et aux païens la grâce nouvelle qu’apporte Jésus au baptisé. Au principe de ce don ne se trouve pas un acte purement juridique, mais bien un DON, qui n’est autre que l’Esprit-Saint lui-même, source de tous les autres dons. Une prédication qui devient purement légaliste n’est pas évangélique. La liberté chrétienne est un don gratuit de Dieu. Ne soyons jamais pélagiens, ni jansénistes. D’où le principe énoncé par saint Paul : « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ». Pour Paul, la présence même de l’Esprit-Saint signifie la présence de la liberté et le chrétien n’est vraiment libre que dans la mesure où il demeure sous cette mouvance de l’Esprit. C’est pour cette raison que la liberté chrétienne authentique ne peut s’exercer que dans l’Amour, c’est-à-dire par la charité qui ne laisse plus aucune place à l’égoïsme.

Cette liberté que nous avons reçue gratuitement du Christ, nous devons à notre tour la transmettre, à travers l’annonce de la vérité intégrale sans laquelle la vraie liberté ne peut exister. O combien il est nécessaire de rappeler cette grande vérité aujourd’hui ! S’il est vrai que la foi est adhésion à une doctrine, elle est d’abord une rencontre avec le Christ qui est la vérité et qui donc nous rend vraiment libres. Que Marie nous conduise sur le chemin de la liberté, qui est celui de l’amour qui révèle la vérité et qui nous ouvre au vrai bonheur. Demandons-lui de demeurer toujours unis au Christ et de l’imiter pour être vraiment libres, de la liberté des fils de Dieu créés à son image, rachetés dans son sang, sanctifiés dans et par l’Esprit Saint et appelés à la vie éternelle.

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