Le masculinisme (1/4) : Mythe ou réalité ?

Publié le 16 Avr 2026
masculinisme
> DOSSIER n° 1853 « Le masculin au risque de la postmodernité »
Opinion ou idéologie, simple mythe ou dangereuse réalité, le masculinisme agite désormais la classe socio-politique et certains dénoncent « une idéologie structurée, organisée, offensive ». Mais il s’agit d’une nébuleuse bien plus complexe, où l’on peut apercevoir les racines du mal.

  Ceux que n’avaient pas encore atteints la déferlante des réseaux sociaux sont maintenant au courant : des hommes se sont rebellés. Le rapport 2026 sur l’état des lieux du sexisme en France, publié en janvier dernier par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, est expressément consacré à « la menace masculiniste », nouvelle composante du sexisme dit « hostile ». En une décennie, elle est passée de dernière billevesée féministe à « enjeu de sécurité publique ». Loin de la considérer comme une idéologie réservée à quelques cercles anonymes, le rapport va jusqu’à évoquer un risque avéré de « terrorisme », car elle polariserait de plus en plus, selon lui, les rapports entre jeunes femmes et jeune hommes.

Les « incels »

En juillet 2025, a d’ailleurs eu lieu la première saisine du parquet national antiterroriste pour des faits exclusivement liés à ce mouvement : le jeune de 18 ans qui a été arrêté et mis en examen à Saint-Étienne projetait une attaque au couteau visant des femmes et justifiait ce projet par les thèses « incels ». Les « incels » (contraction de l’anglais « involuntary celibate ») sont ces jeunes qui n’ont pas de relations amoureuses et/ou sexuelles alors même qu’ils voudraient en avoir. Mûs par un sentiment d’injustice, ils cultivent un ressentiment prononcé envers les femmes qui s’entretient au sein de communautés en ligne actives. Une frange plus extrémiste encore est constituée par les « MGTOW » (Men Going Their Own Way) qui actent l’échec et prônent un célibat volontaire… Mais d’une manière générale, les masculinistes entendent bien retrouver et assumer leur rôle de « mâles », par tous les moyens : il faut que les femmes les veuillent.

Un machisme éhonté

Un représentant phare de ce mouvement est l’Anglo-Américain Andrew Tate, influenceur en ligne qui cumule 11 millions d’abonnés sur son compte X, mais également 21 chefs d’accusation émis par la justice britannique, notamment pour viol, coups et blessures et traite d’êtres humains… Les nombreuses vidéos qui subsistent de son compte YouTube officiel (banni en 2022) réunissent tous les ingrédients grotesques d’un machisme éhonté. Et pourtant, selon une récente étude, 84 % des…

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Marie Piloquet

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