Le Noël des prêtres : Christian Venard ou le Noël d’un aumônier militaire

Publié le 23 Déc 2017
Le Noël des prêtres : Christian Venard ou le Noël d'un aumônier militaire L'Homme Nouveau
Après l’abbé Grosjean, c’est au tour du père Christian Venard, aumônier militaire, de nous livrer son témoignage sur la façon dont il vit les célébrations des messes de Noël. Un moment pour se recentrer sur « Dieu, en Jésus, s’est fait homme pour moi ! L’Invisible se rend visible, l’Infini se fait petit enfant ».
En plus de l’article dans le numéro 1653 (Le « marathon des messes » de Noël : des prêtres racontent – 2017) retrouvez les témoignages de deux prêtres.

 

| Quand avez-vous été ordonné et où exercez-vous votre ministère actuellement ?

J’ai été ordonné le 29 juin 1997 en la cathédrale de Metz pour le diocèse aux armées françaises dans lequel je sers depuis 1998, d’abord pendant plus de quinze ans chez les parachutistes, aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan et désormais au sein de la Gendarmerie nationale. J’ai participé durant toutes ces années à plus de quinze opérations extérieures, du Kosovo au Mali, en passant par l’Afghanistan, le Liban, etc.


| Les fidèles qui songent à leur prêtre en période de Noël se demandent souvent comment il tient physiquement et sont aux aguets pour voir s’il fera ou non le même sermon aux trois messes… Du côté de prêtre, qu’en est-il ?

Je vous répondrai surtout de mon expérience avec les soldats, à Noël, en opération. De leur côté, ils attendent du « Padre » qu’il soit bien présent dans un moment aussi spécial, loin des familles. De mon côté, c’est d’abord de tout faire pour qu’un maximum de ceux qui le désirent puissent participer à la messe de Noël, à un moment ou un autre, et ce, malgré les contraintes opérationnelles. C’est certainement un moment exigeant pour l’aumônier en opération et rempli de fatigue.


| On ne peut évidemment pas parler de « messe » préférée mais quelle est, de celle de Minuit, de l’Aurore ou de celle du Jour, celle qui vous touche le plus ? Pourquoi ?

C’est de loin celle de la nuit. La nuit est aussi, pour le militaire, le moment du danger, de l’incertitude. Alors célébrer Noël la nuit, c’est montrer comment Dieu, lumière de lumière, vient plonger dans nos ténèbres pour les illuminer de sa présence et nous redonner espoir. Comment Il vient, Petit Enfant se donner à nous et nous délivrer de nos peurs, nous redonner confiance pour la construction d’un monde meilleur, même au plus fort de la violence, en le suivant lui, le Prince de la Paix.


| Un souvenir en particulier, une anecdote que vous voudriez raconter à propos de Noël ?

Un Noël de guerre bien sûr, au fin fond de la brousse ivoirienne, à la frontière entre deux villages séparés (d’un côté chez les « rebelles » de l’autre chez les forces loyalistes). Les deux chefs des villages sont venus demander aux militaires français la possibilité de se réunir pour fêter Noël tous ensemble. J’ai pu célébrer la messe avec les deux villages et tous les militaires français. Les Ivoiriens ont voulu que les parachutistes leur chantent des chants de Noël français traditionnels. C’était merveilleux, avec les bruits de la brousse de nuit en arrière-fond. Puis tous les Ivoiriens, à la lueur des torches, nous ont raccompagnés jusqu’à notre campement. Là, ils ont déposé en offrande des fruits, des légumes, des fleurs, etc. Eux sont repartis faire la fête toute la nuit, pendant que nous organisions entre paras une petite veillée fraternelle, ponctuée de petits cadeaux et de chants. Au petit matin, les villageois se sont séparés à nouveau de chaque côté de  la « frontière » due à la guerre civile.


| Noël fait encore partie des fêtes religieuses qui font venir à l’église beaucoup de personnes éloignées de la foi. Comme prêtre, qu’est-ce que cela implique et signifie pour vous ?

Une attention très grande à essayer de prêcher le Dieu d’Amour qui se fait l’un des nôtres, en invitant les assistants à sortir des images trop matérialistes (cadeaux, grosse bouffe, etc.), ou trop conventionnelles ou émotionnelles (le « Petit Jésus », les chants de tradition, etc.). Retrouver, à travers les rites traditionnelles et populaires l’émerveillement de l’incroyable : Dieu, en Jésus, s’est fait homme pour moi ! L’Invisible se rend visible, l’Infini se fait Petit Enfant. Quelle merveille !

 

DOSSIER | Le « marathon des messes » de Noël : des prêtres racontent (n° 1653) :

  1. Le Noël des prêtres : le témoignage de l’abbé Grosjean
  2. Le Noël des prêtres : Christian Venard ou le Noël d’un aumônier militaire

 

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