Le problème israélo-palestinien

Publié le 02 Fév 2024
problème israélo-palestinien

Caïn et Abel, Paolo de Matteis, 1690.

Le problème israélo-palestinien est une histoire de famille, celle de frères ennemis dont les premiers furent Caïn et Abel. En l’occurrence, ce sont les fils d’Abraham – l’un, Isaac, le fils légitime, né de l’épouse, Sarah ; l’autre, Ismaël, celui de la servante. Dans l’héritage, la question survient : qui est le continuateur d’Abraham ? Tous les habitants de la région du Proche-Orient peuvent se réclamer de sa paternité : le patriarche fut celui qui jadis reçut la promesse et l’alliance avec le Très-Haut. Tous attendaient le Messie qui réglerait le litige.  À l’époque de Jésus, la région est peuplée de païens et de croyants. En gros, les sectes juives – Esséniens, Saducéens et Pharisiens qui constituent l’élite – et les anawim, la masse des pauvres d’Israël, côte à côte avec les ismaélites, futurs adeptes de Mahomet et Bédouins du désert, sont des descendants d’Abraham. En face se trouvent les polythéistes de Sumer, d’Égypte, de Grèce, de Rome et de Perse. Tous ont été les témoins de la venue du Messie Jésus et l’ont entendu prêcher l’Évangile, lui qui prétend accomplir les prophéties des anciens ; tous ont pu constater les miracles, jusqu’à la Résurrection. Né juif, Jésus, mis à l’écart par les autorités religieuses, a des disciples qualifiés de chrétiens. La question utile surgit alors : qui reste juif et qui est chrétien ? Dans le chaos du temps, Jérôme écrit à Augustin qu’on ne peut pas être les deux à la fois, matériellement parlant.  Cependant, deux réponses parmi d’autres me semblent pertinentes. La première de l’apôtre Paul et la deuxième du philosophe Blaise Pascal. Ces deux penseurs s’efforcent de définir en quoi consistent un « vrai juif » et un « vrai chrétien ». Le premier voit en ces chrétiens d’origine juive le « Nouvel Israël », non l’Israël de leurs pères qui versent dans le judaïsme rabbinique, légaliste et anecdotique. Le deuxième, philosophe et savant, voit la continuité entre vrais juifs et chrétiens spirituels. Car, argue-t-il, il y a bien deux sortes d’hommes en chaque religion – les hommes charnels et les spirituels. Si Pascal remarque une continuité entre vrais juifs et chrétiens spirituels, il note aussi la ressemblance entre païens et Juifs charnels. L’apôtre Paul écrit qu’Abraham eut foi en Dieu et de ce fait il conclut que les vrais fils d’Abraham, ce sont les croyants. Dieu créateur nous a légué des territoires matériels…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Judith Cabaud

Ce contenu pourrait vous intéresser

International

L’autre guerre : Kaboul contre Islamabad

Avant le début de la guerre contre l’Iran, l’Afghanistan s’attaquait aux postes-frontières pakistanais. La frontière entre les deux pays, héritière de la ligne Durand, est régulièrement le théâtre de troubles, nourris par des ambitions ethniques et politiques.

+

pakistan Kaboul guerre
International

Quel avenir pour l’Iran ?

Un président américain dont les moyens restent limités, sans troupes engagées au sol, des Iraniens prêts à une lutte à mort, des conséquences économiques du blocage du golfe Persique se révélant vite douloureuses, des suites politiques restant hasardeuses : l'issue du conflit en cours entre l'Iran, les États-Unis et Israël demeure très incertaine...

+

Iran
ChroniquesPhilosophie

Arrogance et passion de la réforme : la matrice des Lumières

L’Essentiel de Joël Hautebert | Dans Arrogance et manie du changement, le professeur Xavier Martin montre à quel point tous les ingrédients anthropologiques et philosophiques des idéologies modernes sont déjà présents au temps des Lumières et lors de la Révolution. Une humanité sacralisée mais l'homme réel nié, un système déifié et tout remords rejeté : l'esprit de système et l'arrogance des Lumières et des hommes de la Révolution ont investi toute la vie publique en France.

+

lumières réforme