Le tri sélectif

Publié le 27 Juin 2012
Le tri sélectif L'Homme Nouveau

Un demi-million de dollars ont été dépensés pour accueillir la Conférence de Rio sur le développement durable et pourtant l’évènement… n’en a pas été un, contre toute attente. Il y a 20 ans, le 12 août 1992, les Etats membres des Nations unies signaient la Déclaration de Rio, l’un des textes fondateurs de l’engagement des Etats dans la promotion du développement et de la protection de l’environnement. Vingt ans plus tard – date qui explique que la Conférence des 20, 21 et 22 juin derniers ait été baptisée Rio+20 – s’il est presque peccamineux de ne pas adhérer à la thèse du réchauffement climatique ou de s’opposer à la promotion massive du droit à la « santé reproductive », les hommes polluent toujours autant. Voire plus.

Le tri sélectif, les discours d’Eva Joly autant que les mesures prises au niveau international n’ont pas changé les habitudes du consommateur lambda ni modifié les moyens de production des pays développés. Le principe 15 de la Déclaration de Rio est toujours en vigueur, qui veut que « l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement ».En l’occurrence, quoique le réchauffement climatique et l’hypothèse d’un prochain épuisement des ressources naturelles soient largement contestés dans le milieu scientifique, l’Onu et affiliés, à grand renfort de déclarations et directives, de temps et d’argent, ont pris sur eux de sauver la Terre de son plus terrible prédateur : l’homme.

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Qu’on ne s’y méprenne pas, l’un des axiomes du paradigme onusien est que l’homme moderne détruit la Terre (la majuscule est de mise dans ce discours qui fait de notre planète une nouvelle divinité) par la pollution et par sa simple présence qui épuise les ressources naturelles. Aussi la question de l’écologie et du climat n’est pas sans rapport avec celles de l’avortement, de la contraception et de l’euthanasie. La santé reproductive a pour seul objectif la régulation d’une population jugée trop importante. Les idéologues de l’Onu se sentent à l’étroit sur la Terre qu’ils partagent avec 7 milliards de semblables et redoutent bien de devoir faire de la place pour 9,5 milliards de compères d’ici 2050. L’Onu, et ce n’est pas nouveau, est l’organe principal de la promotion de la culture de mort, sous couvert de protection de la planète. Le tri sélectif dans nos poubelles n’est que le prétexte au tri sélectif des humains eux-mêmes.

Pourtant, et parce que les nouvelles ne sont pas toujours mauvaises, cette idéologie rencontre encore quelques sérieux obstacles et le texte finalement signé par les Etats membres à l’occasion de la Conférence de Rio, « The Future we want », ne fait aucune mention de la santé reproductive. Alors même qu’il fut pensé dans la droite ligne de la Conférence de Stockholm en 1972 ( qui a institué le Programme des Nations unies pour l’environnement), de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement adoptée au Sommet de la Terre de 1992 à Rio et du Sommet de Johannesburg de 2002 ! Rédigé au terme de longues négociations, le texte présenté lors de la Conférence analyse en quelques cinquante pages « l’économie verte » (le terme parle de lui-même), le développement durable et le cadre institutionnel qu’ils supposent. 

Le Saint-Siège, le Nicaragua, le Chili, la Russie, le Honduras, la Syrie, la République Dominicaine, le Costa Rica et l’Egypte ont obtenu que ne figure dans le document conclusif de la Conférence aucune référence aux droits reproductifs ou au contrôle démographique, au terme d’une bataille contre le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA), la Norvège, l’Islande, le groupement Catholics for Choice, et la Fédération Internationale du Planning Familial. L’Europe, grande absente des Etats réfractaires, a prouvé une fois de plus sa soumission à l’idéologie et l’autorité onusienne mais, preuve que le travail a porté ses fruits, la très féministe Vicky Markham du Center for Environment and Population a déclaré que « les négociations du projet de document Rio+20 qui inclut « les droits des femmes » et les « droits reproductifs » ont pris le pire des tournants possibles ».

Un tournant qui ne peut que nous réjouir !

Adelaide Pouchol

Adelaide Pouchol

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