Le 11 février, le pape Léon XIV poursuivait sa catéchèse sur les documents du Concile vatican II et particulièrement la constitution Dei Verbum : après le commentaire du 4. « La Sainte Écriture : Parole de Dieu en paroles humaines », voici celui du 5. « La Parole de Dieu dans la vie de l’Église ».
Dans sa dernière catéchèse lors de l’Audience générale du 11 février dernier, le Pape continuait de méditer sur la constitution Dei Verbum, en l’occurrence sur le chapitre 6ᵉ, approfondissant le lien profond et vital qui existe entre la Parole de Dieu et l’Église. L’Église est, en effet, le lieu propre de l’Écriture Sainte. Sous l’inspiration du Saint-Esprit, la Bible est née du peuple de Dieu et est destinée au peuple de Dieu. Elle a pour ainsi dire son habitat dans la communauté chrétienne et c’est dans la vie et dans la foi de l’Église qu’elle trouve l’espace où révéler sa signification et manifester sa force.
Le rôle de l’Église
Lorsqu’on aborde l’étude de la Sainte Écriture, nous sommes nécessairement en présence de certitudes de foi, car la Bible est le Livre inspiré par Dieu et confié à l’Église pour susciter la foi et guider la vie chrétienne. Ces certitudes de foi, bien que toujours contenues de façon implicite dans l’Écriture, ne s’y trouvent pas forcément explicitement. Elles ont souvent dues être explicitées grâce aux réflexions patristique et théologique. Avec les Pères, les théologiens, les exégètes vraiment catholiques, nous sommes au cœur de l’exégèse en Église, qui culmine dans la sainte et divine liturgie.
Par la liturgie, l’Église entière est convoquée pour écouter la Parole de Dieu, la lire et s’en nourrir. Mais cette lecture doit s’enraciner dans la foi apostolique et la Tradition, car, si la lectio divina est bien au cœur de l’Église, elle est, du fait même, inséparable de la Tradition apostolique. L’Église n’est pas au dessus de l’Écriture, mais sans elle, il est impossible de comprendre les Livres Saints. Sans l’enracinement apostolique, il est impossible que l’Écriture devienne véritablement l’âme de toute la théologie.
Le Concile rappelle que « l’Église a toujours vénéré les divines Écritures, comme elle le fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la sainte liturgie, de prendre le pain de vie sur la table de la Parole de Dieu et sur celle du Corps du Christ, pour l’offrir aux fidèles. »
L’Église ne cesse jamais de réfléchir à la valeur des Saintes Écritures. Après le Concile, le Synode des évêques de 2008 sur le thème La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église, permit à Benoît XVI d’en transmettre les fruits dans l’exhortation Verbum Domini. Il y affirme que « le lien intrinsèque entre la Parole et la foi met vraiment en évidence que l’authentique herméneutique de la Bible ne peut se situer que dans la foi ecclésiale, qui a dans le oui de Marie, son paradigme. […] Le lieu originaire de l’interprétation scripturaire est la vie de l’Église. » (n. 29).
La communauté ecclésiale
Dans la communauté ecclésiale, l’Écriture trouve donc le cadre dans lequel elle peut accomplir sa tâche particulière et atteindre son but qui est de faire connaître le Christ vrai Dieu et vrai homme. Comme le disait saint Jérôme : « ignorer l’Écriture, c’est ignorer le Christ. » La lecture méditée de l’Écriture nous plonge dans le mystère de Dieu, du Christ et de l’Église. La constitution Dei Verbum nous présente la Révélation précisément comme un dialogue, Quand nous lisons pieusement la Bible, Dieu vient à notre rencontre et entre en conversation avec nous.
La Sainte Écriture, confiée à l’Église, gardée et expliquée par elle, soutient et fortifie la communauté chrétienne. Tous les fidèles sont appelés à s’abreuver à cette source, dans la célébration de l’Eucharistie et des autres sacrements. L’amour des Saintes Écritures doit guider tous et chacun. Chacun, en effet, doit se nourrir de l’Écriture. Nous vivons dans un milieu de paroles, souvent bien vides. La Parole de Dieu répond à notre soif de vérité. Elle est la seule Parole toujours nouvelle. En nous révélant le mystère de Dieu, elle ne cesse jamais d’offrir ses richesses.
En vivant dans l’Église, sous le manteau de Marie, on découvre que l’Écriture Sainte est entièrement relative à Jésus-Christ, et on expérimente ainsi la raison profonde de sa valeur et de sa puissance. Le Christ est la Parole vivante du Père, le Verbe de Dieu fait chair. Toutes les Écritures annoncent sa Personne et sa présence salvatrice, pour chacun de nous et pour l’humanité tout entière.
Ouvrons notre cœur et notre esprit pour accueillir ce don, à l’école de Marie, Mère de l’Église.
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