Léon XIV : « Attendre la mort avec la ferme espérance de la Résurrection »

Publié le 17 Déc 2025
mort Léon XIV

Dans la lumière pascale, nous savons que la mort n’est pas la fin, mais le passage vers la pleine lumière. (Photo : Anuja Tilj/Unsplash)

Le pape Léon XIV a poursuivi le cycle de catéchèse pour l’année jubilaire « Jésus-Christ notre espérance ». L’audience générale du 10 décembre 2025 portait sur la question de la mort : IV. La résurrection du Christ et les défis du monde actuel. 7. La Pâque de Jésus-Christ: ultime réponse à la question sur notre mort.

 

Le mystère de la mort a toujours suscité de profondes interrogations chez l’être humain. La mort semble être à la fois l’événement le plus naturel et en même temps le plus contre nature qui soit. Elle est naturelle, car tout être vivant sur terre meurt. Elle est contre nature, car le désir de vie et d’éternité que nous ressentons tous pour nous-mêmes et pour les personnes que nous aimons nous fait voir la mort comme une condamnation, comme une contradiction.

De nombreux peuples anciens développèrent des rites et des coutumes liés au culte des morts, mais aujourd’hui, la mort semble devenir une sorte de tabou dangereux. La mort se présente à nous comme le destin universel de tous les hommes. Ne dit-on pas que c’est la seule justice ici-bas, car nous y passerons tous. La mort est la loi inéluctable de tout être vivant.

Mais si tout vivant doit mourir, la mort concerne l’homme d’une manière particulière. Seul l’homme en effet possède une conscience vive de la mort, qui souvent le jette dans l’angoisse. La mort affecte l’homme dans son humanité même. Seul l’homme sait ce que c’est que d’exister et, par conséquent, seul il sait aussi ce que c’est que de ne plus exister, c’est-à-dire de mourir. Et ce sort de mortel lui paraît difficile voire impossible à accepter.

Or, si la mort dévoile à l’homme sa misère, elle lui dévoile aussi sa grandeur, car elle le place en face d’un destin qu’il doit assumer. Il sait au fond qu’il est responsable et qu’il sera jugé par Dieu sur sa vie personnelle.

Nos contemporains commettent en général deux erreurs profondes sur la mort. En premier lieu, ils croient trop souvent que la mort marque la fin définitive de l’homme. Au-delà de la mort, il n’y a plus rien. C’est la position matérialiste. Le moi humain disparaît pour toujours.

Mais il existe une deuxième erreur en face de la mort : celle de croire qu’elle n’est que relative et passagère. La mort serait alors seulement la fin d’une étape pour une âme qui aurait encore d’autres vies à vivre, pour poursuivre sa route. C’est l’erreur de la doctrine de la réincarnation qui développe ses effets ravageurs dans une société qui a certes perdu le sens de Dieu, mais qui ne peut détruire complètement ses racines, son désir naturel de Dieu. L’homme est religieux dans son essence. Il est relié à Dieu. S’il n’adore pas Dieu, il adorera les bêtes, disait fort justement le Curé d’Ars.

Qu’est-ce que la mort ? Est-elle vraiment le dernier mot sur notre vie ? Seuls les êtres humains se posent cette question, car eux seuls savent qu’ils doivent mourir. Mais cette conscience ne les sauve pas de la mort ; au contraire, dans un certain sens, elle les accable par rapport aux autres créatures vivantes.

Saint Alphonse-Marie de Liguori, dans son célèbre ouvrage sur la mort, réfléchit à sa valeur pédagogique, soulignant qu’elle peut être un grand maître de vie. Savoir qu’elle existe, et surtout y réfléchir, nous apprend à choisir ce que nous voulons vraiment faire de notre existence.

Prier afin de comprendre ce qui est bénéfique en vue du Royaume des cieux, et abandonner le superflu qui nous lie aux choses éphémères, est le secret pour vivre authentiquement, dans la conscience que notre passage sur terre nous prépare à l’éternité. Pourtant, de nombreuses visions anthropologiques actuelles promettent l’immortalité immanente. Ici, le Pape condamne sévèrement le transhumanisme.

Regardons la mort avec esprit de foi. La mort est une conséquence du péché. De soi mortel, l’homme avait été créé immortel. Mais il a perdu cette grâce par le péché. La mort a pris alors un caractère pénal et vraiment mortel. Après la mort et la Résurrection du Christ, nous restons mortels mais avec l’espérance d’une autre vie. La résurrection du Christ nous révèle en effet que la mort corporelle n’est pas opposée à la vraie vie.

La Pâque de Jésus nous donne un avant-goût, en ce temps encore plein de souffrances et d’épreuves, de la plénitude de ce qui se passera après la mort. Le Samedi saint, lumière qui anticipe le matin de Pâques, brille déjà dans l’obscurité du ciel qui semble encore couvert et muet. Les lumières du sabbat annoncent la lumière nouvelle de la Résurrection.

Seule la Résurrection du Christ éclaire pleinement le mystère de la mort. Dans cette lumière pascale, nous savons que la mort n’est pas la fin, mais le passage vers la pleine lumière. Vers une éternité heureuse. Grâce au Christ mort et ressuscité par amour, nous pouvons, avec saint François d’Assise, appeler la mort notre « sœur ». Que Marie nous la fasse attendre avec espérance.

 

>> à lire également : DOSSIER | Saint Charbel (1/5) : Un saint qui continue d’agir pour convertir les cœurs

 

Un moine de Triors

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