Les Béatitudes et la miséricorde : la carte de visite et d’identité de tous les disciples du Christ.

Publié le 10 Nov 2022

Lors de l’angélus du 1er novembre, le Pape a commenté l’Évangile des Béatitudes traditionnellement lu ce jour de la Toussaint.

Lorsque Rome eut achevé la conquête du monde, elle dédia le plus durable monument de sa puissance à tous les dieux : le Panthéon devait attester à jamais la reconnaissance de la cité reine. Cependant, conquise elle-même au Christ et investie par lui de l’empire des âmes, son hommage se détourna des vaines idoles pour aller aux martyrs, qui, priant pour elle en mourant de sa main, l’avaient seuls faite éternelle. Ce fut à eux et à leur reine, Marie, qu’au lendemain des invasions qui l’avaient châtiée sans la perdre, Rome consacra le Panthéon devenu chrétien. Au IXe siècle, Boniface IV en fit la dédicace, dont la fête le 1er novembre est à l’origine de notre Toussaint. L’Évangile des Béatitudes en fut traditionnellement la lecture.

Les Béatitudes se réfèrent tout d’abord au Christ lui-même, pauvre, doux, artisan de paix, miséricordieux, et plus qu’aucun autre persécuté pour la justice. Mais comme le disciple n’est pas au dessus du maître, les Béatitudes seront la carte de visite et d’identité de tous les disciples du Christ.

Les huit béatitudes sont fondées sur un contraste évident qui est en totale opposition avec le « politiquement correct » : elles nous enseignent que le chrétien devra toujours vivre à contre courant de la mentalité ambiante. En un sens, la vie chrétienne est une vie révolutionnaire, mais d’une révolution entièrement pacifique : certes le chrétien devra manier un glaive et porter des armes, comme le dit saint Paul au chapitre 6ème de l’épître aux Éphésiens, mais c’est pour un combat spirituel. Tout le programme de la vie chrétienne est donc tracé dans cette charte évangélique. Aussi beaucoup aiment-ils à faire leur examen de conscience en lisant le texte des Béatitudes selon saint Matthieu. Le chemin de la sainteté y est indiqué. Saint Augustin y discerne les sept degrés qui composent la vie chrétienne, comme un itinéraire qui doit nous conduire de la pauvreté, entendue comme humilité et abandon confiant à la Providence, jusqu’à la sagesse, signifiée par la paix intime des enfants de Dieu. Ce chemin passe par la douceur et la docilité envers les Écritures, par la pénitence à cause des fautes que celles-ci nous découvrent, par l’effort de renoncement, par la miséricorde et le pardon envers autrui, par la pureté de cœur nécessaire pour voir Dieu. Ce chemin des Béatitudes nous enseigne que vivre l’Évangile demeure, aujourd’hui comme hier, le secret du rayonnement de l’apôtre qui puise dans la prière à l’unique Bien-aimé la force d’être le témoin de l’invisible au cœur du monde. Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra devenir une sentinelle de la Révolution pacifique de l’amour.

Le Pape s’attarde sur la béatitude des pacifiques. Mais ici nous devons faire très attention. Le contraste des Béatitudes lui permet de souligner que la paix que nous donne Jésus n’est en aucun cas celle d’une tranquillité peureuse et prête à n’importe quel compromis mondain. Non la vraie paix se construit. Nous devons mettre notre effort là où le Christ a mis son sang. Nous devons collaborer avec le Seigneur pour être une semence véritable de paix, en laissant germer dans notre cœur la graine de l’amour sans laquelle la paix sera impossible. Cette semence doit grandir dans la bonne terre de l’Évangile, dans le silence et dans la pratique des œuvres de justice et de miséricorde. Pour être artisans de paix nous devons être à l’image du Christ qui alla jusqu’à pardonner à ses bourreaux. Sans pardon et sans amour, pas de paix véritable. Que Marie, la Reine de tous les saints, nous aide à être des artisans de paix, dans la fidélité au terrible quotidien et l’obéissance de la foi.

Un moine de Triors

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