L’hypocrisie selon saint Paul

Publié le 02 Sep 2021
L'hypocrisie selon saint Paul L'Homme Nouveau

Le Pape, continuant son commentaire sur l’Épître aux Galates lors de l’audince du 25 août, en arrive à l’épisode que l’histoire a retenu sous le nom d’« incident d’Antioche », occasion de revenir sur l’Hypocrisie selon l’Apôtre.

De passage dans cette ville, saint Paul réprimande Pierre qui, tout en étant juif, ne pratique plus en présence d’autres juifs, cette liberté vis-à-vis du code de pureté touchant les aliments et les ablutions qu’il demande aux païens nouvellement convertis. Saint Paul réagit fortement en une « sainte colère ». Certains trouveront qu’il a exagéré. Les Prophètes auraient pourtant agi de la même façon. La pratique de la Loi ne s’identifie pas à un ritualisme figé et sans âme. Depuis le Christ, nous ne sommes plus sous le régime de la Loi souvent pratiquée de manière hypocrite, mais sous le régime de la grâce et de la liberté des enfants de Dieu. Pour Paul, Pierre a voulu faire bonne figure et paraître ce qu’il n’est pas. Sans le vouloir forcément, son âme n’a pas été limpide ni simple, mais double et hypocrite.

Malgré son caractère violent, saint Paul a toujours été droit. D’où sa réaction contre l’hypocrisie. Il veut que l’on imite le Christ, comme lui-même l’imite. Or le Christ, qui n’a été que oui, n’accorde pas la moindre indulgence à l’hypocrisie, à la fausse vertu, à la justice purement formelle et trompeuse, allant jusqu’à traiter les pharisiens de « sépulcres blanchis ». L’Évangile déborde d’expressions d’intolérance au sujet de la pseudo-observance de la religion, disjointe de la vérité du bien et de la pureté de l’amour.

Si l’on voulait définir l’hypocrisie, on dirait que c’est une feinte peureuse de la vérité. L’hypocrite a peur de la vérité qui l’obligerait de changer en profondeur sa vie. Aussi feint-il, faisant croire aux autres qu’il est pieux. Il se maquille et porte un masque : celui de la vertu qu’il ne possède précisément pas. N’oublions pas l’origine du mot. Le terme grec désigne un acteur qui, caché sous un masque, joue le rôle qui lui est dévolu. Aussi la Bible l’emploie-t-elle, pour désigner celui qui dissimule sa pensée ou ses vrais principes d’action. Ce maquillage dissimulateur empêche l’hypocrite d’être vrai. Il est l’homme de la demi-vérité et du relativisme si dénoncé par Benoît XVI. Or, la vérité est ou n’est pas et Jésus s’est défini comme La Vérité. Cette attitude est grave et pourtant profondément ancrée dans notre société apostate où règne partout le formalisme. Cette attitude est contraire à l’Évangile, mais elle est aussi contraire à la Loi juive. Souvenons-nous du bel éloge que le 2ème Livre des Maccabées attribue au vieillard qui refusa de feindre de manger des viandes données aux idoles. En politique, on trouve de nombreux exemples. Le taux d’abstention aux récentes élections montre bien que pour la plupart de nos contemporains, les hommes politiques actuels ne sont que des hypocrites. Mais l’hypocrisie existe aussi dans l’Église et cela est particulièrement détestable, car c’est un grave contre témoignage. On l’a bien vu à propos de la pédophilie des prêtres, encore qu’il faille faire très attention à ne pas faire de faux témoignages. Pour ne pas succomber à cette tentation, trois vertus sont particulièrement nécessaires : la charité, l’humilité et bien sûr la vérité. Notre langage doit toujours être oui. Il doit être toujours transparent comme l’eau pure des lacs.

L’enjeu est donc grave. Demandons à Marie qui, elle aussi, n’a été que oui, de ne jamais tomber dans l’hypocrisie, d’être toujours vrais, c’est-à-dire non seulement de dire toujours la vérité (ce qui ne veut pas dire qu’il faille dire tout à tout le monde), mais aussi de sentir la vérité en s’y conformant toujours.

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