Le dernier ouvrage d’un grand spécialiste de Beethoven se penche sur la spiritualité de l’immense compositeur, dressant le portrait d’une âme tourmentée mais inspirée par la grandeur de l’humanité et soutenue par une foi salvatrice.
À l’approche du bicentenaire de la mort de Ludwig van Beethoven (1770-1827), l’ouvrage de Bernard Fournier, La Spiritualité de Beethoven, et préfacé par Alain Andréa, est un livre de référence pour découvrir des aspects peu connus de la vie intérieure d’un génie épris de Dieu et de l’humanité. Un travail savant et précis, accompagné d’analyses musicales et de commentaires de l’auteur, s’efforce de démontrer que, dès le commencement, pour Beethoven, élevé dans une atmosphère familiale conflictuelle, entre une mère douce et tuberculeuse et un père musicien, plutôt porté sur l’alcool et la violence, la musique demeure essentielle dans sa vie : « La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie », dira-t-il plus tard. Depuis son enfance à Bonn, Ludwig a été plongé dans un travail de composition continuel. À l’âge de 12 ans, il publie sa première œuvre, Variations pour piano. Dès 1792, il s’installe à Vienne où il prend des leçons chez Joseph Haydn.
Convaincu du caractère sacré de l’art
Au contact de l’intelligentsia viennoise et des lectures des philosophes des Lumières à la mode, il est avant tout convaincu du caractère sacré de l’art et avance la certitude que la musique est une liturgie. Pour Bernard Fournier, la musique de Beethoven se lit elle-même comme un texte sacré, explicité dans ses messes, ses oratorios et ses lieder. Tout au long du livre, l’auteur nous démontre les moyens utilisés par le génie dans le choix de ses instruments et de ses techniques, les rendant complices de sa pensée et de sa spiritualité profonde. Dans une recherche du sens spirituel en lui-même, c’est la musique qui raconte le non-dit, l’ineffable de l’esprit – en un mot, la transcendance. Bernard Fournier nous révèle l’importance des deux maîtres de Beethoven : « Socrate et Jésus ont été mes deux modèles », écrira le musicien. Selon l’auteur, la relation de Beethoven avec Dieu est primordiale, mais une dualité traverse sa vie : la foi catholique léguée par sa mère reste attachée à la messe romaine, tandis que dans sa vie intérieure, sous l’influence des philosophes des Lumières, se développe l’idéal des humanistes.
Déboires sentimentaux
Au cours de son existence, malgré sa situation sociale d’électron libre, il est remarqué…







