Macron : le plébiscite de Napoléon le très petit

Publié le 08 Mai 2017
Macron : le plébiscite de Napoléon le très petit L'Homme Nouveau

En moins d’un an, Emmanuel Macron aura réussi l’exploit de sembler partir de rien pour arriver à tout. Illusionniste et maître du faux-semblant, le nouveau Président de la République parvient à sidérer jusqu’à ses adversaires. Loin d’être parti de rien, il a été façonné par les grandes écoles du système et a été choisi par les maîtres à penser de la société du progrès. Minc l’avait rêvé, Jacques Attali l’a fait. Et, loin de le cacher, il a revendiqué son produit.

Emmanuel Macron est-il arrivé à tout ? On sait que qu’il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne. L’avenir seul, qui lui aussi est en marche, le dira.

Une tradition française

Force est pourtant de constater que Louis-Napoléon Macron renoue avec la tradition plébiscitaire française, naguère incarnée par Napoléon Ier, Napoléon III et Charles De Gaulle. À chaque fois, un temps de crise et de désarroi ; à chaque fois, un homme providentiel, faisant du neuf avec de l’ancien ; à chaque fois, la tentative (autoproclamée) de rassembler les Français au-delà des divisions de la droite et de la gauche.

On connaît les résultats ! Napoléon a saigné la France et imposé un Code civil qui organise la vie sociale comme une caserne et porte une vision mécaniste de l’homme. Son neveu a précipité la France dans une amère défaite qui, à son tour, a suscité une guerre mondiale, qui a achevé la terrible saignée française, ouvrant la défaite démographique. Charles De Gaulle n’a réussi ni la réconciliation des Français en 1944, ni la décolonisation en 1962, précipitant à la mort les Français musulmans et offrant aux Pieds-Noirs le choix entre la valise et le cercueil.

Vers un Sedan définitif ?

Certes, les uns et les autres ont marqué l’Histoire de France et n’affichent pas seulement la colonne passif à leur bilan. Pour autant, si l’on veut prendre des leçons du côté de l’Histoire justement, il faut avouer que nous avons tendance à nous méfier des hommes providentiels sur lesquels tout repose faute de doctrine et de sens du bien commun.

Avec un taux d’abstention d’environ 25,3 % des inscrits et avec 12 % de vote blanc ou nul, Emmanuel Macron fait surtout figure de Napoléon le très petit. Il a réussi à se mettre en marche pour gravir un palier. Il n’est pas sûr qu’il ne connaisse pas à son tour de Sedan définitif.

Ce contenu pourrait vous intéresser

Société

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
À la uneSociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie
SociétéAgriculteurs

Colère paysanne et hiver agricole

Alors que notre agriculture traverse les jours les plus noirs de son histoire, l’abattage stalinien des bovins et la violente répression para-militaire l’accompagnant ont choqué la France entière. Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture continue à se partager entre surdité et absurdité.

+

crise agricole paysan