Quand j’ai entendu l’annonce de la mort du pape émérite Benoît XVI, c’est ce verset du livre des Nombres qui m’est venu aussitôt à l’esprit : « Moïse était très humble, l’homme le plus humble que la terre ait porté » (Nb 12, 3). Et en effet, c’est ainsi qu’il s’est présenté lui-même à la loggia de Saint-Pierre, le jour de son élection au souverain pontificat, le 19 avril 2005 : « Après le grand pape Jean-Paul II, Messieurs les Cardinaux m’ont élu moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur ». Pour ma part, j’ai toujours été frappé par son humilité. Lorsqu’il m’a été donné de le rencontrer, comme évêque, il avait toujours cette attitude humble face à son interlocuteur, vers lequel il était tourné sans artifices : on avait même l’impression d’être quelqu’un d’important. Sa renonciation à la charge de Successeur de Pierre, le 11 février 2013, m’avait plongé dans la stupéfaction, mais très vite j’y ai vu le courage de l’humilité, tant il ne s’accrochait pas à sa charge, voire à son pouvoir : c’était la signature de son pontificat, tout effacé devant l’unique vrai et Bon Pasteur de son peuple, le Christ. Ce ne fut certes pas une désertion. N’avait-il pas demandé aux fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre, au jour de l’inauguration officielle de son pontificat : « Priez pour moi, pour que je ne m’enfuie pas par peur devant les loups »? D’ailleurs, à travers les crises qu’il a dû affronter durant son ministère pétrinien, il est demeuré ferme et lucide à la barre, quelles que soient les tempêtes médiatiques qu’il a dû essuyer. De même, il a continué à servir l’Église jusqu’au bout, durant dix années, au cœur même du Vatican, dans le petit couvent Mater Ecclesiae, humblement caché dans une vie de prière, à l’école de saint Benoît dont il répétait à l’envi la devise : « Ne rien préférer à l’amour du Christ ». Benoît XVI restera à la postérité comme un grand docteur de l’Église, qui n’a eu de cesse de garder la foi catholique reçue des Apôtres, dans une fidélité inflexible à la tradition bimillénaire de l’Église dont il ne s’est jamais considéré que comme l’humble instrument. Catéchète à la manière des Pères de l’Église, il excellait dans l’art de commenter la Sainte Écriture, d’abondance du cœur mais avec beaucoup de rigueur exégétique et théologique, en…
La pause liturgique | Hymne Vexilla Regis (Fête de la Sainte Croix)
Le Vexilla Regis est une des hymnes les plus célèbres et les plus magnifiques du répertoire grégorien. Il a été composé par Venance Fortunat au VIIe siècle. C'est un chant de triomphe qui célèbre le paradoxe de la Croix glorieuse, le tout en premier mode, c’est-à-dire avec un climat de sérénité.






