Ordonnance estivale

Ordonnance estivale L'Homme Nouveau

C’est médical, l’ordonnance est impérative, question de survie. Trois semaines, un mois pour les plus chanceux. Laissons là : téloche, radios, presse. Fermons l’ordi et laissons derrière nous courriels, réseaux sociaux, fil d’actualités. ­Déconnectons-nous, trouvons l’endroit sans réseau, le plus loin, le plus reculé. Là où ni Hollande, ni Valls, ni Macron, ni El Khomri et toute la clique des jocrisses égocentrés ne pourront nous rejoindre. Un endroit sans syndicalistes, sans casseurs, sans commentateurs experts, politologues, sans Brexit et sans Bruxelles. Mais aussi un endroit sans foot, sans hooligans, sans joueurs mal finis, sans nationalistes de stades, Français de pelouse, identitaires de maillot et bouffeurs de chips américaines, sans hurleurs de buts peinturlurés et pleureurs de scores. Un endroit sans gauche, sans gauchistes, sans socialistes, et sans tous les autres aussi. Oui, trouvons un endroit que nos arrière-grands-­parents auraient pu connaître tel quel et posons-nous là, ­reposons-nous là. Rien ne nous manque, le silence nous convient. Très vite la réalité va réapparaître, occasion bénie pour nous de constater que le bruit de la maisonnée est préférable au tumulte sociétal, que les caprices des moutards sont moins bruyants que les bagarres des candidats aux primaires ; que les cours de moral du grand-père tatillon et ratiocineur se supportent plus

facilement que ceux du Premier ministre, qu’une belle-fille pisse-vinaigre ou qu’une belle-mère acariâtre valent quand même mieux qu’un CGTiste gréviste, que l’adolescent égoïste et frimeur est toujours plus aimable que n’importe quel joueur de foot, que l’ami paresseux, bavard et autosatisfait qui s’invite à dîner est une bénédiction comparée au Président de la République. Reposez-vous, constatez, par comparaisons, que vous n’allez pas si mal que ça et… prenez des forces !

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