Le Pape dénonce un virus moral bien plus grave que celui que nous combattons

Publié le 03 Sep 2020
Le Pape dénonce un virus moral bien plus grave que celui que nous combattons L'Homme Nouveau

Commentaire de l’allocution Pape François 
lors de l’Audience générale du 26 août 2020

Le Pape poursuit ses audiences sur la guérison en cette période d’après la pandémie. En cherchant une solution aux conséquences souvent dramatiques du mal, il réaffirme la doctrine sociale de l’Église. Les conséquences sociales de la pandémie et du confinement sont énormes et pas seulement au seul point de vue économique et social, mais encore au point de vue humain lui même. On a parlé d’euthanasie larvée et certains évêques s’en sont à juste titre inquiétés. On pourrait tout aussi bien parler de suicides déguisés. Notre société apostate n’ayant plus aucun vrai repère, beaucoup en sont venus à perdre totalement le peu d’espérance qu’ils pouvaient encore avoir. C’est normal et logique. En perdant le Christ, nos contemporains ont perdu le don de l’espérance qui nous vient de lui, car il « n’y a pas d’autre nom sous les cieux par lequel nous puissions être sauvés que celui de Jésus », qui nous aide à naviguer dans les eaux troubles dans un monde qui a perdu toute foi en la Providence divine.

La nécessaire destination universelle des biens

En dehors du manque de foi en la Providence, la pandémie souligne de graves problèmes sociaux et en premier lieu l’inégalité, depuis le domaine scolaire jusqu’au pouvoir économique, ce qui entraîne un malaise des plus graves, d’autant plus que le monde qui a perdu le sens de Dieu et en conséquence le sens du péché, se laisse contaminer par ce virus moral pire que celui que l’on voulait combattre. Le système politique, social et économique est profondément atteint. Pour s’en sortir, il faut se convertir. Cela se fera par la prière et par la pratique de la justice sociale prônée par l’Église. Il n’est pas normal que toutes les richesses du monde soient concentrées dans les mains de quelques-uns. Le Pape développe cette fois la nécessité de la destination universelle des biens. Ici, il faut faire attention. Affirmer cette nécessité ne veut en aucun cas abroger l’enseignement constant de l’Église sur le droit à la propriété privée, rappelé avec force par Léon XIII et Pie XI contre le marxisme. Ce droit est maintenu, mais il est anormal qu’une centaine de personnes au monde possède plus que tout le reste de l’humanité.

Il faut donc rejeter entièrement cette économie inique qui ne tient pas compte des valeurs humaines fondamentales et de la dignité de la personne. Prenons un exemple que ne cite pas le Pape ici mais qui est très éclairant. Tant qu’on remboursera le crime de l’avortement ou maintenant la GPA, rien ne pourra aller. Le modèle économique actuel détruit « la maison humaine » en même temps qu’il détruit la création, car les deux vont de pair. Nous recevons de la création et nous devons donner à notre tour en vue du bien commun et non en vue de nos intérêts propres. La création nous précède en effet. La terre a été confiée à l’homme par Dieu, mais comme le note le CEC, Dieu en donnant la création à l’homme l’a confiée à toute l’humanité. Nous sommes tous un en Adam et à plus forte raison un dans le second Adam. Notre devoir est que tous les fruits de la terre et du travail de l’homme parviennent à tous, ce qui ne supprime pas pour autant le droit à la propriété privée, car celle-ci, comme l’argent, reste une réalité bonne en soi. Elle ne devient nuisible que dans la mesure où elle n’est plus au service du bien commun. Ce qu’il faut donc condamner c’est l’obsession de possession personnelle aux dépens d’autrui. Il ne faudrait jamais que l’homo sapiens soit complètement transformé en homo œconomicusentraînant magouille, calculs mauvais, individualisme dominateur, etc. Ne perdons pas courage cependant.
Que Marie guide notre espérance vers le vrai cap.

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