Le Pape au sanctuaire de Notre-Dame Auxiliatrice en Papouasie

Publié le 18 Sep 2024
Papouasie pape

crédits : Government of Indonesia. BPMI Setpres/Muchlis Jr

Poursuivant son long voyage le conduisant aux îles du bout du monde, le Pape est arrivé en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans le magnifique sanctuaire de Notre-Dame Auxiliatrice à Port Moresby la capitale, il a prononcé, le 7 septembre, un long discours aux évêques, prêtres, diacres etc. de Nouvelle-Guinée et des Îles Solomon, insistant, comme à son habitude sur trois points : le courage de commencer, la beauté d’être là et l’espérance de grandir. Avant de commenter ces thèmes, il est bon de rappeler quelques données historiques concernant l’évangélisation de ces terres.

Quelques données historiques

L’Océanie, plus tardivement ouverte aux missionnaires, a dans son ensemble apporté de plus grandes consolations à l’Église. Les débuts de l’évangélisation, qui ne datèrent que du XIXe siècle, furent pourtant longs et difficiles. Tout semblait si loin de la civilisation chrétienne. Et pourtant, picpuciens, maristes, prêtres des Missions étrangères de Milan et surtout prêtres du Sacré-Cœur d’Issoudun furent les grands semeurs de moissons devenues largement fertiles.

Parmi tous les ouvriers de ce champ évangélique, il faut faire une place spéciale aux maristes saint Pierre Chanel (+ 1841), le patron de l’Océanie, qui planta la graine aux Wallis et Futuna et le père Bataillon, qui également aux Wallis chercha à planter cette graine. Il y eut aussi le père Bréheret aux Fidji ou Mgr Douarre en Nouvelle Calédonie. Le père picpucien Damien Deveuster (1840-1889) fut, quant à lui, tout dévoué à ses chers lépreux de l’Île Molokai aux Hawaï.

Mentionnons aussi les patriarches de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Mgr Navarre et Mgr Verjus ouvrant la voie à Mgr de Boismenu, sans oublier le père italien Mazzucconni, bienheureux dont le sang fertilisa bien des îles lointaines. Il est bon aussi de rappeler que lorsque Mgr Verjus célébra la première messe sur le sol de Papouasie, le calice consacré fut renversé à terre par un cochon, animal divinisé par les Païens. Le sang du Christ abreuva ainsi une terre toute dévouée à Satan mais qui allait très rapidement devenir chrétienne.

Nous pouvons maintenant commenter les propos du Pape.

Commentaire

D’abord, François parle du courage de commencer. Comme on l’a suggéré dans la notice historique, les débuts furent loin d’être faciles. Il fallait d’abord faire le voyage qui à l’époque était tout une épopée. De plus, santé, persécutions, climat, et surtout l’omniprésence de Satan dans ces îles, tout semblait contrarier l’évangélisation. Pourtant, le grand zèle apostolique des missionnaires et surtout leur foi intrépide vainquirent tous les obstacles.

Les vitraux de la cathédrale de Port-Moresby évoquent toute cette histoire de sainteté mais aussi de luttes. Dans ces régions où les différentes îles sont éloignées entre elles de milliers de kilomètres, le Pape rappelle l’importance d’évangéliser toutes les périphéries.

Vient ensuite la beauté d’être là, symbolisée par les coquillages qui ornent le chœur de la cathédrale. Cela nous rappelle que nous sommes les trésors de Jésus et par lui du Père. Cette beauté doit être vécue dans la fidélité de l’amour, qui permet de grandir ensemble chaque jour.

Enfin, l’espérance de grandir. Dans cette église de Notre-Dame Auxiliatrice patronne des Salésiens, (le pape a, au début, rappelé sa dévotion pour ce titre marial), une intéressante catéchèse se fait en images : passage de la mer Rouge, figures d’Abraham, d’Isaac et de Moïse. Cela encourage la fécondité de la foi. Nous sommes tous de minuscules graines qui, lorsqu’elles poussent ensemble, deviennent un champ mûr où le diable ne réussit pas à faire triompher l’ivraie.

Que Marie continue l’enracinement de l’Évangile par toute la terre pour la plus grande gloire de Dieu.

 

>> à lire également : Éditorial | L’incendie de Saint-Omer, symbole d’un réveil nécessaire

 

Un moine de Triors

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