La pause liturgique | Agnus 12, Pater cuncta (Fêtes des saints)

Publié le 11 Oct 2025
grégorien croix introït offertoire agnus dei communion alléluia

Messe 12 Pater cuncta :

 

Commentaire musical

Agnus 12 Partition agnus

 

Cet Agnus Dei est daté du XIᵉ siècle et ses sources manuscrites proviennent surtout d’Italie ou de France. Sa mélodie du 2ᵉ mode est assez expressive et certains de ses intervalles, assez importants lui donnent un caractère assez aérien. Les première et troisième invocations sont identiques, et la seconde est mélodiquement plus sobre et plus retenue.

L’intonation reprend une formule fréquente en 2ᵉ mode, avec son appui sur le La grave, en relation avec le Do puis le Ré, tonique de ce mode. Le Fa qui arrive au sommet du mot Agnus est la dominante du mode, et ainsi les cordes structurantes sont déjà présentes au début de cette pièce.

Après celle de Agnus, on observe ensuite une seconde montée sur qui tollis : cette fois c’est la corde Mi qui sert de point de départ et d’arrivée de cette courbe qui nous fait monter d’un degré en allant toucher le Sol.

Puis, le sommet mélodique est atteint sur peccáta particulièrement mis en valeur par la quinte initiale Ré-La, le pressus ferme sur l’accent et la retombée douce de la finale qui conduit à la cadence toute simple de mundi, cadence en Mi qui plane doucement. C’est sur ce même Mi que commence le miserére nobis, qui revient finalement sur ce dernier mot en mode de Ré avec un appui sur la sous-tonique Do et la tonique Ré.

La seconde invocation, plus sobre, on l’a dit, ne dépasse pas le Mi et n’atteint même pas le Fa, dominante pourtant si basse du 2mode. L’intonation évoque celle de la première invocation mais en la simplifiant et en la réduisant.

Ensuite le qui tollis s’enroule autour du Ré et demeure à l’intérieur de la tierce Do-Mi, pour s’achever sur le Do, c’est dire sa gravité douce et paisible. C’est toujours autour du Ré que se déploie la mélodie du second miserére nobis, jouant sur les mêmes cordes mais retrouvant le Ré comme double cadence, identique en cela à celle des première et troisième invocations.

Peu de choses à dire sur cet Agnus très sobre, sinon le jaillissement expressif sur le mot peccáta, dans un contexte par ailleurs particulièrement paisible et doux.

 

>> à lire également : 1ers samedis de Fatima (6/9) | La dévotion ignorée

 

Un moine de Triors

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