La pause liturgique : Gloria 10, Alme Pater (Fêtes de la Sainte Vierge)

Publié le 22 Mar 2025
agnus dei sanctus rex génitor kyrie gloria

Messe Alme Pater 

    • Kyrie 10
    • Gloria 10
    • Sanctus 10
    • Agnus 10

 

Commentaire musical

Gloria 10 Partition gloria

 

C’est le deuxième Glória marial du répertoire grégorien. Ce second Glória est plus récent que le précédent, puisque les manuscrits ne nous le font repérer qu’à partir du XIVe siècle, et à l’inverse du Glória IX, nous ne possédons de lui, en tout et pour tout, que deux sources manuscrites, une anglaise du XIVe siècle et une française du XVIe siècle.

Nous sommes en présence d’un 8e mode, donc aussi un mode de Sol, mais beaucoup plus sobre que son voisin festif. Il va ainsi très bien pour commémorer plus discrètement Marie, ou chanter le Seigneur lors des petites fêtes mariales qui s’accommodent de cette mélodie simple, moins accidentée, moins neumatique également.

L’intonation forme une belle courbe qui part du Do aigu, dominante du 8e mode, descend jusqu’au Mi, puis remonte jusqu’au Si avant de se poser sur la tonique de ce même mode, le Sol. D’emblée, la grâce et la fermeté s’allient très naturellement.

Et in terra reprend le motif mélodique de in excélsis, puis la mélodie plonge de façon très belle vers le Ré grave, sur homínibus, avant de remonter se fixer sur une cadence en Sol.

La série des quatre verbes commence par une alternance entre le Do et le La puis le Sol, sur Laudámus te, et ensuite, les trois verbes suivants, benedícimus te, adorámus te, glorifícamus te, sont traités de manière identique, en formant une courbe descendante du Sol au Mi et remontant jusqu’au Sol. Grátias ágimus tibi suit le même schéma mais descend jusqu’au Ré et va même se poser sur le Do grave, pour remonter ensuite et mettre en belle lumière les mots propter magnam glóriam tuam.

Les trois Dómine sont traités différemment : le premier (Dómine Deus) commence par descendre vers le grave, puis remonte sur Rex cæléstis, et davantage encore sur la suite pour mettre en lumière les mots Deus Pater omnípotens ; le second (Dómine fili unigénite) est situé entre le Sol et le Do, à l’aigu, mais s’achève au grave et de façon très belle et tout en retenue sur Jesu Christe. Le troisième (Dómine Deus, Agnus Dei) plonge au grave, là encore de façon suggestive, pour mentionner l’Agneau de Dieu immolé pour nos péchés. On retrouve la même mélodie que sur le premier Dómine Deus, ou sur Grátias ágimus tibi. 

Les deux qui tollis peccáta mundi sont identiques, avec une corde Sol très présente, et une cadence sur le La, mais tandis que le miserére nobis descend du La vers le Mi, au contraire, le Súscipe monte au Do, puis se campe sur le La avant de revenir sur une cadence en Sol.

Pour la première fois, la mélodie va monter jusqu’au Ré aigu, sur les mots qui sedes ad déxteram Patris. C’est un beau sommet qui modifie sensiblement la mélodie qui, à partir de là, se déploiera plus aisément vers les hauteurs. Miserére nobis reprend la formule déjà rencontrée sur Jesu Christe.

Les trois tu solus forment un tout bien expressif et nettement mis en valeur : la montée se fait après le mot quóniam qui reste sur le Sol. Tu solus sanctus s’élève à partir du La et monte jusqu’au Do pour aller se fixer sur une cadence en Ré, tout là haut. Le second tu solus fait à nouveau entendre le Ré, mais privilégie le Do dans ses relations avec le Si puis le La puis le Sol, sur Dóminus. Le troisième tu solus remonte du Sol, ne touche que le Do, redescend sur le Sol (Altíssimus) et répète sur Jesu Christe la mélodie déjà entendue, si adorante et si retenue.

La finale commence sobrement, sur les mots cum Sancto Spíritu, naviguant entre le La et le Fa, puis monte au Do pour souligner l’accent de glória et faire finalement entendre sur Patris une petite formule au grave, que l’on connaît déjà puisqu’elle apparaissait à deux reprises dans le Glória IX (sur Deo et voluntátis) : Mi-Fa-Sol-Sol.

Le Amen final s’enroule autour du Sol.

 

>> à lire également : Éditorial du Père Danziec : Le bon Dieu en haut-débit

 

Un moine de Triors

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