Philippe de Villiers : pour que renaisse l’espérance française

Publié le 18 Nov 2015
Philippe de Villiers : pour que renaisse l'espérance française L'Homme Nouveau

Dans son dernier livre, Le Moment est venu de dire ce que j’ai vu, Philippe de Villiers explique les causes de la crise que nous traversons et dévoile les dessous des cartes, décrivant comment fonctionne le système oligarchique qui régit nos sociétés occidentales depuis le commencement des années 1970.

Il montre comment le pouvoir s’est déplacé, comment le système représentatif est devenu une coquille vide, comment les instituts de sondage guident le choix des électeurs. Il décrit l’influence prépondérante exercée par les multinationales, « sans scrupules » (J. Goldsmith) dont le but est d’accroître sans cesse, et par tous les moyens, leurs profits.

Dénonciation des dérives

Derrière chaque directive européenne se cache un lobby qui a réussi à imposer comme norme ses propres critères de production. Il décrit les étapes de la destruction de notre agriculture. Il épingle la puissance des multinationales agro-alimentaires et chimiques qui empoisonnent nos sols, nos eaux, notre alimentation, nos abeilles, faisant courir à la population de graves dangers sanitaires. Il montre comment furent détruits les « murs porteurs » de notre société, comment furent méthodiquement sacrifiées sur l’autel du profit la nation, la famille et la vie. Il rappelle à cet égard, citant le professeur Jérôme Lejeune auquel il rend hommage, que « la question de la vie commande toutes les autres ».

Le moment est venu

La dimension spirituelle de la crise actuelle et du combat qu’il faut mener pour la surmonter est mise en valeur avec beaucoup de pertinence. Le retour de l’« espérance française » passe par le retour à la transcendance. Villiers montre la connivence profonde existant entre des multinationales et les associations subversives qui s’attaquent à la famille, au mariage et au respect de la vie. Ainsi, apprend-on que l’International Lesbian and Gay Association a reçu en 2014 une subvention de 1,4 million de la part de la Commission européen­ne, auxquels s’ajoutent des aides de l’administration américaine et du financier George Soros. Le but poursuivi : dessiner une société nouvelle constituée d’individus isolés, sans racines et sans liens de famille, « tournant sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs » (Tocqueville), procurés par la consommation. À l’heure où l’Europe est directement menacée d’invasion, Villiers raconte aussi, s’appuyant sur le témoignage de l’ancien ministre Raymond Marcellin, que le grand patronat est venu en 1972 « exiger » du président Pompidou d’ouvrir les vannes de l’immigration afin d’exercer une pression sur les salaires. Deux ans plus tard était institué le regroupement familial…

Aujourd’hui le pouvoir n’est plus exercé par la présidence de la République et par le Parlement mais par des instances supranationales, comme le groupe Bilderberg ou la Commission Trilatérale, fondée en 1973 par Rockefeller et Kissinger, véritable parlement oligarchique, composé d’hommes politiques, de grands patrons, de financiers de haut vol, cooptés, qui, deux fois l’an, se réunit pour déterminer les grandes axes de la « gouvernance mondiale ».

Les vrais gouvernants

Le président du Conseil européen dut ainsi subir de la part de cette commission un véritable entretien d’embauche avant d’être nommé. « Ce sont eux qui nous gouvernent », confia un jour à Villiers le Premier ministre François Fillon. Et Villiers d’ajouter : « En 2015, Alain Juppé a été agréé au Bilderberg qui s’est réuni en Autriche ». Le scénario de l’élection de 2017 est écrit. Les urnes sont pleines, il n’y a plus qu’à les jeter à la mer.

Face à ce système verrouillé, Philippe de Villiers invoque les mânes de son ami Alexandre Soljenitsyne et invite à constituer des réseaux de « dissidents » déterminés à résister, quel que soit le prix à payer, pour défendre la liberté, la santé et la vie de leur famille, pour travailler à la renaissance de la France. Nul doute que ceux qui croient encore, de bonne foi, pouvoir recourir à la stratégie de l’entrisme chercheront, après avoir lu ce livre, à mieux user de leur talent et de leur énergie, en travaillant activement à la destruction de ce Mur invisible que le système a bâti autour de nous. Ce livre est un ordre de mobilisation générale pour la restauration de l’« espérance française ». À lire absolument.

Philippe de Villiers, Le moment est venu de dire ce que j’ai vu, Albin Michel, 352 p., 21,50 €.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

Pas de culture chrétienne sans Dieu

L’Essentiel de Joël Hautebert | De multiples motivations et intentions expliquent un regain de revendication de la culture française et chrétienne. Mais on ne peut vouloir une civilisation chrétienne en évacuant son fondement, Dieu, dans le mystère de la Sainte Trinité.

+

culture chrétienne
À la uneSociété

Europe : les chrétiens sont-ils en danger ?

Entretien | Fin décembre, le Centre européen pour le Droit et la Justice (ECLJ) a publié un rapport alarmant sur la haine antichrétienne en Europe. Son auteur, Thibault van den Bossche, dresse ici un état des lieux alarmant et préconise essentiellement des moyens d’action inscrits dans le système juridique européen.

+

haine anti chrétien
À la uneSociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
Société

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
SociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie