Pie VII et Napoléon (1/3) : Guerre à l’Eglise, la plus grande erreur de Napoléon ?

Publié le 20 Août 2023
napoléon

Ayant succédé à Pie VI, mort à Valence sous la botte de Bonaparte, le pape Pie VII démontra, dès 1796, comme évêque, puis au long de quinze longues années, une résistance peu commune aux tentatives d’instrumentalisation de l’Église par le Premier consul puis l’Empereur. Pris en otage, signataire du Concordat, soumis à de multiples pressions et enfin prisonnier, le courageux pontife verra finalement la chute de son persécuteur.   Le bicentenaire de la mort de Pie VII, ce 20 août, amène à reconsidérer le rôle du « vieux moine » qui non seulement tenta de gérer au mieux des intérêts de l’Église les conséquences de la Révolution mais fixa aussi à ses successeurs la conduite à tenir face aux tentatives grandissantes de destruction du pouvoir pontifical. Avoir sous-estimé l’adversaire, faute de saisir la dimension spirituelle d’une bataille dans laquelle il s’était jeté à la légère, fut l’une des plus graves erreurs de Napoléon. L’homme que l’Empereur décrira, en un crescendo de termes insultants, comme « un fanatique », un vieillard qui « a perdu la raison », « un insolent », n’a pourtant rien d’un extrémiste campant sur des positions dépassées. Ce serait plutôt le contraire et ceux qui l’ont connu jeune bénédictin, puis évêque de Tivoli de 1782 à 1785, et d’Imola de 1785 à son accession au trône de saint Pierre en mars 1800, décrivent un Barnaba Chiaramonti ouvert aux idées nouvelles, au point d’avoir abonné son couvent à l’Encyclopédie. Cela constaté, cet intérêt n’altère pas sa foi tridentine. Il s’aligne sans hésitation sur les positions de Pie VI pour ce qui concerne, à compter de 1789, « les affaires de France », qu’il s’agisse de mettre en garde contre ceux qui veulent « substituer à la lumière de la révélation divine les délires d’une vaine raison », de refuser la Constitution civile du clergé, de s’indigner de l’exécution de Louis XVI. Mais, à la différence de Pie VI, Chiaramonti comprend que ces événements marquent une rupture dont il faudra s’accommoder car, ainsi qu’il l’écrira un jour au cardinal della Genga, futur Léon XII, « la Révolution, tel le Déluge, a définitivement changé la face de la terre ». Il s’inscrit là parmi ces ecclésiastiques qui, passé le premier choc, malgré leur attachement à la monarchie française, l’abandonneront, considérant que l’Église peut s’arranger de toute forme de gouvernement pourvu qu’il reconnaisse ses droits. En apparence pragmatique, ce choix du compromis – d’autres parleront de compromissions… – avec un système qui hait le…

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Anne Bernet

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