Souvent présentée comme l’origine de la doctrine sociale de l’Église, l’encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII marque moins un début qu’un renouveau et une actualisation de l’enseignement de l’Église face aux nouveautés radicales, nées de la Révolution de 1789 et de la Révolution industrielle, et qui ne sont plus de simples idées, mais des idées instituées. Notre premier volet sur cette encyclique capitale. Pourquoi ce titre de « Rerum Novarum » ? Comme il est d’usage pour les écrits pontificaux de ce type, le nom donné à l’encyclique est formé des premiers mots latins du texte de Léon XIII. On traduit généralement Rerum Novarum par « les choses nouvelles », mais en fait Léon XIII est plus précis : « La soif d’innovation qui depuis longtemps s’est emparée des sociétés et les tient dans une agitation fiévreuse devait, tôt ou tard, passer des régions de la politique dans la sphère voisine de l’économie sociale. » Le Souverain pontife établit donc un lien entre les changements politiques qui ont bouleversé les anciennes sociétés chrétiennes avec la Révolution française et les conséquences qui se sont fait jour au plan économique et social, notamment avec la Révolution industrielle. Cependant, l’objet de l’encyclique consistera bien à répondre à l’ordre nouveau établi au plan social et économique. Léon XIII rappelle d’ailleurs qu’il a déjà publié au moins trois encycliques de philosophie politique. Il leur apporte avec Rerum Novarum un complément parce que « l’industrie s’est développée et ses méthodes se sont complètement renouvelées. Les rapports entre patrons et ouvriers se sont modifiés. La richesse a afflué entre les mains d’un petit nombre et la multitude a été laissée dans l’indigence. Les ouvriers ont conçu une opinion plus haute d’eux-mêmes et ont contracté entre eux une union plus intime. Tous ces faits, sans parler de la corruption des mœurs, ont eu pour résultat un redoutable conflit. » Quel est l’objet de Rerum Novarum ? Dans le cadre défini, appréhendé comme étant totalement nouveau, en raison des principes qui régissent désormais les sociétés et qui s’incarnent dans des institutions, Léon XIII traite de la condition ouvrière. Il pointe particulièrement deux dangers. Le premier est celui des effets du libéralisme économique qui a eu pour conséquence cette disparité criante entre les bénéficiaires de la Révolution (politique et industrielle) et les ouvriers. Dis autrement, Léon XIII affronte ici la question de la séparation entre le capital et le travail.…
La pause liturgique : Offertoire Benedicite gentes (dimanches après Pâques)
Le texte de cet offertoire unit trois versets (8, 9 et 20) du beau psaume 65 (66 selon l’hébreu) qui est tout entier un chant de louange, une invitation universelle à célébrer le Créateur et le Rédempteur de son peuple. C’est un 2ᵉ mode, relativement long, très calme, très serein, qui court un peu le risque de la monotonie si on ne prend pas soin de mettre en valeur les quelques saillies mélodiques.







