Le Vatican a publié dernièrement un document sur l’intelligence artificielle et le transhumanisme, intitulé Quo vadis, Humanitas ? et élaboré par la Commission théologique internationale.
Le 9 février dernier, la Commission théologique internationale a publié un document intitulé Quo vadis, Humanitas ? portant pour sous-titre « Réfléchir à l’anthropologie chrétienne face à certains scénarios sur l’avenir de l’humanité ». Il fait suite à trois années de discussions et de travaux au sujet du déploiement de l’anthropologie chrétienne pour le XXIᵉ siècle. Cette commission, qui est un organisme consultatif composé de théologiens, œuvre auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et se veut « un espace de libre échange et de discussion ». Sa dernière publication s’inscrit dans le cadre de la célébration des soixante ans de la promulgation de la constitution pastorale sur l’Église Gaudium et Spes, dans la dernière année du concile Vatican II (1965-2025), et cherche à l’actualiser en appliquant ses principes aux nouveaux défis technologiques.
Le positif et le négatif
Du point de vue du style, la forme est très institutionnelle et consensuelle, à l’image de l’équilibre diplomatique habituellement recherché par les théologiens romains. Caractérisé par une grande prudence lexicale et par la volonté d’éviter tout jugement trop tranchant, le texte commence par souligner les aspects positifs du progrès technique, affirmant que « Les innovations technologiques (…) constituent une grande ressource pour l’humanité dans de nombreux aspects de la civilisation et de la culture ». Cette attitude d’ouverture prudente n’empêche pas une certaine mise en garde face aux multiples dangers que constituent les dérives de ce même progrès, et au risque de se fier « aveuglément aux résultats de la recherche technologique ». La critique se fait plus explicite sur la question du transhumanisme, dont il est écrit qu’il « souscrit à une vision idéologique et naïvement acritique du progrès scientifique », et qu’il se fait l’expression « d’une présomption naïve et arrogante ». La quête d’une immortalité immanente, activement défendue en France par le très médiatique Laurent Alexandre, est qualifiée d’« utopique ». Quant à l’intelligence artificielle, qui est actuellement au cœur de nombreux débats et chimères, elle est également évoquée, à la fois sous son angle positif (capacités de calcul, nombreuses applications possibles) et négatif (manque de fiabilité des résultats, risque de contrôle social). Le texte mentionne le danger d’une IA générale qui « grâce à une vitesse de calcul extrêmement…







