Rentrée parlementaire : loi sur la fin de vie, débats décisifs

Publié le 31 Août 2024
fin de vie euthanasie

Le suicide assisté fait partie d’une nouvelle « médecine du désir », au même titre que la chirurgie esthétique.

La dissolution de l’Assemblée a stoppé net les travaux parlementaires et laissé en suspens nombre de projets et propositions de loi durant l’été. Mais la volonté de remettre la légalisation de l’euthanasie à l’ordre du jour est plus forte que jamais et le calendrier législatif promet un rapide retour du sujet, poussé par les associations et le sommet de l’État.

  La rentrée parlementaire de septembre 2024 marque la réactivation des débats sur le projet de loi sur la fin de vie, qui suscite une attention particulière.  En mars 2023, la Convention citoyenne sur la fin de vie avait réuni 184 citoyens tirés au sort pour discuter des questions entourant la possibilité d’une évolution législative sur l’euthanasie et le suicide assisté. Après plus de six mois de travail, leurs conclusions ont appelé à une réforme de la loi actuelle, notamment en faveur de la légalisation de l’euthanasie dans certaines conditions strictes, tout en soulignant la nécessité de préserver un cadre éthique pour protéger les plus vulnérables. Cette consultation citoyenne a jeté les bases du projet de loi que le gouvernement entend proposer à l’Assemblée nationale dès novembre 2024.

Plusieurs objectifs

Les objectifs de ce projet de loi sont multiples : d’une part, la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, dans « le respect d’un cadre légal et médical ». D’autre part, le gouvernement souhaite aborder la question du soutien aux patients en fin de vie, en améliorant l’accès aux soins palliatifs et en renforçant l’accompagnement des familles. Cependant, ces propositions soulèvent des enjeux éthiques et sociaux majeurs comme le rôle des médecins qui pourraient être amenés à tuer leurs patients et les risques de dérives potentielles (euthanasie des mineurs, critères très évasifs, etc.).  Les élections législatives de juin 2024 ont fait entrer de nouveaux députés à l’Assemblée nationale, certains ayant déjà exprimé des positions claires sur la question de la fin de vie. Sandrine Rousseau (EELV) et Aurore Bergé (Renaissance) se sont montrées favorables à la légalisation de l’euthanasie, arguant en faveur de la liberté individuelle et du droit à mourir dans la dignité. À l’inverse, des députés de droite continuent de s’opposer fermement à ces réformes, citant des préoccupations sur les risques de dérives et la nécessité de protéger la vie à tout prix.  Malgré l’arrivée de nouveaux élus, la composition parlementaire reste relativement stable en ce qui concerne les positions sur l’euthanasie, avec un…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Redaction

Redaction

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
À la uneSociété

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
À la uneSociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie
SociétéAgriculteurs

Colère paysanne et hiver agricole

Alors que notre agriculture traverse les jours les plus noirs de son histoire, l’abattage stalinien des bovins et la violente répression para-militaire l’accompagnant ont choqué la France entière. Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture continue à se partager entre surdité et absurdité.

+

crise agricole paysan