Premier pays à montrer le chemin, l’Australie interdit désormais l’accès aux réseaux sociaux à ses jeunes de moins de 16 ans. Les plateformes qui n’appliqueraient pas les obligations d’authentification d’âge seront passibles d’une amende de plusieurs millions de dollars.
Depuis le 10 décembre dernier, l’accès aux réseaux sociaux est interdit pour les moins de 16 ans en Australie. Cette mesure, votée le 28 novembre 2024, est donc entrée en vigueur, signant l’arrêt pour les plus jeunes de Facebook, TikTok, Instagram, YouTube, Snapchat et consorts. Cette démarche, inédite à l’échelle de la planète, impose aux plateformes de s’assurer par elles-mêmes de l’âge effectif de leurs utilisateurs, ce qui les contraint à développer des outils d’authentification d’âge reposant notamment sur la vérification de documents d’identité. En cas de manquement, elles risquent une amende pouvant aller jusqu’à 49,5 millions de dollars australiens. Ces plateformes, dont le modèle économique tire particulièrement profit de l’embrigadement massif des plus jeunes, qui constituent un public vulnérable et facile à captiver, se sont montrées très critiques à l’égard de cette nouvelle réglementation, et l’une d’elles, le forum de discussion en ligne Reddit, a même lancé une action en justice, au motif de l’atteinte à la liberté de communication.
Une véritable addiction
Cependant, les magnats du numérique n’ignorent rien des mécanismes de captation qu’ils forgent eux-mêmes pour maintenir leur public dans une véritable addiction, et ils prennent généralement la précaution de limiter l’accès aux réseaux sociaux pour leurs propres enfants. Ainsi, Bill Gates, ex-PDG de Microsoft, interdisait à sa fille de posséder un smartphone avant ses 14 ans, tandis que Steve Jobs, fondateur d’Apple, affirmait limiter l’accès à la technologie à la maison pour ses enfants. Quant à Sean Parker, ancien président de Facebook, il s’écriait même, à propos des réseaux sociaux : « Dieu seul sait ce qu’ils font aux cerveaux de nos enfants. » En France, un rapport récemment commandé par Emmanuel Macron relève également que « chez les enfants et adolescents, l’usage intensif des réseaux sociaux est corrélé à une augmentation de l’anxiété, des troubles du sommeil et de la dépression ». Ce même rapport formulait une proposition proche de celle adoptée en Australie, à savoir « fixer un âge minimal pour l’inscription sur les réseaux sociaux et en garantir le respect par des dispositifs de vérification robustes ». Le jour même de l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation australienne, une proposition de…







