Saint Bonaventure, 750 ans d’héritage chrétien (1/3) : Le Docteur séraphique

Publié le 20 Août 2024
saint Bonaventure

Saint Bonaventure et saint Thomas d'Aquin, par Zurbaran. La caractéristique de la théologie de saint Bonaventure est peut-être la centralité du Christ.

Pilier de la théologie médiévale, avec saint Thomas d’Aquin, saint Bonaventure fut cardinal, archevêque et général de son ordre. Mais, avant toute chose, un humble religieux franciscain dont les titres ne doivent pas faire oublier la profondeur mystique, la charité incomparable et la dévotion particulière pour l’Eucharistie.

  Si l’on a, à juste titre, célébré les centenaires de Thomas d’Aquin, le Docteur angélique, le sept cent cinquantième anniversaire de la mort, à Lyon, le 15 juillet 1274, de Giovanni di Fidenza, plus connu sous le nom de Bonaventure, ne semble pas attirer autant l’attention. Il y a pourtant beaucoup à dire de ce docteur de l’Église, apôtre marial, précurseur de la dévotion au Sacré Cœur, dont les enseignements sur la sainte messe et l’Eucharistie se révèlent d’une surprenante actualité.

Sauvé de la mort

Fils d’un médecin réputé de Bagnoreggio, dans les États pontificaux, où il est né, probablement en 1221, quoique certains préfèrent à cette date celle de 1217, Giovanni a 5 ans lorsqu’une maladie infantile le met aux portes du tombeau. Devant l’impuissance de la médecine, sa mère, Maria di Ritello, qui voue une admiration immense à François d’Assise, supplie le Poverello de lui garder son enfant. Selon que l’on choisit la datation haute ou la basse, la suite de l’histoire varie un peu. Si Giovanni est de 1217, il se peut que François, appelé au secours, soit venu en personne prier à son chevet ; s’il est de 1221, le saint est mort depuis plusieurs mois déjà lors de l’événement. Au demeurant, peu importe, car ce qui compte, c’est la guérison inespérée du garçonnet. Lorsqu’elle comprend que son fils est sauvé, Maria, s’écrie : « O buona ventura ! », ce qu’il faut plutôt traduire par « heureux événement » que par « bonne aventure », surnom qui reste au petit miraculé. En ces époques de foi, chacun sait le prix d’une telle grâce : la vie conservée appartient désormais à celui qui l’a sauvée. Dès ses premières années, l’enfant est donc voué à entrer chez les Frères mineurs.

Attiré par saint François 

Bien que son père veuille lui laisser le choix et l’incite à poursuivre ses études universitaires avant toute décision, Giovanni, en dépit de capacités intellectuelles remarquables, préfère à un avenir brillant et mondain la paix du couvent franciscain de sa ville, fondé par frère Pacifique, la « plume » de saint François ; il y prend l’habit en 1243 et le nom…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Anne Bernet

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseLéon XIV

La sagesse de Léon XIV

L’Essentiel de Thibaud Collin | Devant un large éventail de participants, au Stade de France, à Notre-Dame de Paris à Lourdes ou à Metz, Léon XIV a su rappeler, pendant son voyage en France, avec sérénité et profondeur, les fondamentaux d'une civilisation chrétienne. Une véritable thérapie spirituelle pour une nation dont l'avenir est à vue humaine bien sombre.

+

Léon XIV france voyage sagesse sage
À la uneÉgliseMagistère

Les splendeurs de Marie corédemptrice

Deux livres sont parus récemment en France portant sur la question, théologiquement débattue, de Marie comme corédemptrice. En soulignant l'intérêt de ces ouvrages, l'abbé Claude Barthe indique aussi fortement la convenance qu'il y a à donner ce titre à la Vierge Marie.

+

marie corédemptrice
ÉgliseMagistère

Un colloque international sur la Vierge Marie

Entretien | Les 7 et 8 octobre prochains se déroulera à Rome un colloque international sur la Vierge Marie dans le dogme et le culte. Ouverte à tous, cette rencontre sera honorée par les interventions des cardinaux Müller et Burke. L’une des organisatrices, Virginia Coda Nunziante, précise ici les buts et le sens de cet événement.

+

colloque vierge marie
ÉgliseÉglise de FranceLéon XIV

Léon XIV en France : Un voyage résolument catholique

Spécial venue du Pape en France | Le succès du voyage apostolique de Léon XIV apparaît comme une divine surprise dans un pays ou le catholicisme semble condamné à disparaître et où l'épiscopat est encore à la remorque du progressisme. Le ton résolument spirituel du Souverain Pontife a conquis les foules et son courage moral face aux politiques mérite d'être souligné malgré l'omission de certains sujets.

+

Léon XIV pape