Sant’Egidio sur le front de la paix

Publié le 16 Nov 2022
andrea riccardi

Le 23 octobre dernier, Emmanuel Macron a prononcé un discours à l’ouverture du congrès « Le cri de la paix », organisé par la communauté Sant’Egidio à Rome. Cette fondation est aujourd’hui surnommée « la petite Onu du Trastevere » pour ses médiations diplomatiques depuis les années quatre-vingt.   Fondée en février 1968 par Andrea Riccardi, la communauté Sant’Egidio a aujourd’hui dépassé sa première vocation d’œuvre sociale pour devenir un organe diplomatique à part entière. À quelques minutes du Saint-Siège, dans le quartier du Trastevere, des lycéens commencent à se rassembler, à l’issue du concile Vatican II, pour venir en aide aux défavorisés. Ils mettent alors en place des distributions de repas, des cours d’alphabétisation et un service d’hébergement pour les sans-abris. Le mouvement prendra le nom de l’église dans laquelle ils se retrouvent pour prier, dédiée à saint Gilles (Egidio en italien). Ce n’est donc pas simplement un mouvement social, mais bien une œuvre laïque chrétienne où la prière a une place centrale. Les trois piliers de leur action sont la prière, les pauvres et la paix. Ce mouvement d’Église a développé une spiritualité qui s’inscrit dans l’esprit des rencontres interreligieuses initiées par Jean-Paul II en octobre 1986. Un œcuménisme promu par les organisateurs : « Continuons à diffuser le message de paix et à vivre l’esprit d’Assise. » Leurs congrès annuels accueillent des responsables politiques mais aussi les représentants des principales religions, comme en octobre dernier à Rome : le cardinal Jean-Marc Aveline et Mgr Laurent Ulrich sont reçus au côté de Riccardo Di Segni, grand rabbin de Rome, Abdelsalam Abdellatif Mohamed, secrétaire général du Haut Comité pour la Fraternité humaine, Mgr Emmanuel, métropolite orthodoxe du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Mgr Schneider, lors de la visite du Pape au Kazakhstan en septembre dernier, s’était inquiété des écueils possibles de ce type d’événement car « cette manière de faire ces rencontres interreligieuses a un prix : la relativisation de la seule vraie religion, qui est la religion catholique ». Une activité diplomatique s’est développée progressivement au sein de l’organisation. Ses membres considèrent la guerre comme « mère de toutes les pauvretés » et servent donc la paix « en la protégeant là où elle est menacée, en aidant à la reconstruire, en facilitant le dialogue là où il s’est arrêté ». Une activité internationale remarquée pour la première fois en 1980, lors de leur intervention au Liban en…

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Maitena Urbistondoy

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