Le terrorisme intellectuel, une arme idéologique qui ne meurt pas

Publié le 11 Mar 2025
terrorisme intellectuel Jean Sévillia

« SOS Racisme », une officine du terrorisme intellectuel fondée dans les années quatre-vingts, participe à une manifestation du Nouveau Front populaire en 2024. © CC BY 2.0, Jeanne Menjoulet

Dans la réédition – augmentée de plusieurs chapitres – de l’un de ses succès de librairie sorti en 2000, Les Habits neufs du terrorisme intellectuel, Jean Sévillia actualise le portrait d’une police des intelligences qui continue d’aveugler nos élites politiques, malgré une réalité toujours plus difficile à ignorer.

  À première vue, le mot « terrorisme » évoque, surtout à notre époque, la violence armée : on pense au djihadisme. Mais il ne faut pas écarter une autre définition, celle qui relève des idées, souligne Jean Sévillia en introduisant son dernier livre : « Le terrorisme intellectuel est un instrument de contrôle social qui agit comme une sorte de police : une police du vocabulaire, une police de la pensée, une police du comportement en société et même, désormais, une police du comportement privé. » Cette méthode vise donc les « rebelles envers l’idéologie dominante» auxquels il faut ôter « le droit à la parole ». Les tenants de ce terrorisme (partis, associations, journaux, intellectuels), adeptes du gauchisme, se présentent comme agissant au nom du bien et au service de la vertu, tout opposant méritant des étiquettes infamantes (fasciste, raciste, etc.) destinées à délégitimer ses positions.

Huit chapitres inédits

Jean Sevillia 22841799227 scaled e1741170599161 terrorisme intellectuel

© Audrey Le Roy, CC BY-SA 2.0

Complétant le travail qu’il avait entrepris dans un premier ouvrage sur ce thème, paru en 2000, l’auteur l’actualise en y ajoutant huit chapitres inédits. L’ensemble couvre l’histoire européenne depuis le début du XXe siècle jusqu’à nos jours, le tout présenté selon un ordre chronologique et avec une précision méticuleuse, méthodes qui répondent bien à son talent reconnu d’historien.  « Staline a toujours raison ». Dans ce premier chapitre, Jean Sévillia rappelle le quasi-monopole de l’idéologie communiste, sujet d’une réelle attraction pendant des décennies dans de nombreux milieux européens. On retiendra cette judicieuse définition : « Le communisme, vérité révélée par Marx, Lénine et Staline, professe une religion séculière. Le prolétariat, authentique messie, donne son sens à l’Histoire. Les militants sont des apôtres chargés d’œuvrer au salut de tous. La charité est totale pour ceux qui souffrent du joug bourgeois. » Le sujet revient dans un chapitre qui rappelle le combat pour la vérité mené par l’écrivain russe Soljenitsyne, dont L’Archipel du Goulag fut d’abord mal accueilli en France au nom de la détente avec l’URSS. La connivence avec le communisme affecte même l’épiscopat français qui reste l’une de ses « dernières forteresses »…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Annie Laurent

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureÉglise

Dans le secret des Archives du Vatican

Mgr Sergio Pagano, qui a dirigé les Archives du Vatican pendant plus d’un quart de siècle, expose, dans un livre-entretien, le fonctionnement de cette institution célèbre et méconnue à la fois. Et il met en lumière certains des dossiers sensibles qui y sont conservés.

+

archives du vatican
CultureLectures

Carte blanche : Un Balzac méconnu

Carte blanche d’Yves Chiron | Les éditions La Onzième Heure ont fait paraître un des ouvrages les moins connus de Balzac, L’Envers de l’histoire contemporaine, le dernier roman de l’immense fresque de La Comédie humaine.

+

balzac L’Envers de l’histoire contemporaine
CultureLectures

Le mystère Michéa

Culture | Dans un nouvel ouvrage, rassemblant deux entretiens consistants réalisés pour le public américain, Jean-Claude Michéa revient sur sa critique du libéralisme, sa défense des classes populaires et de la décence ordinaire. Passionnant et décevant tout à la fois.

+

livre Michéa
CultureArt et Patrimoine

L’exposition : Dragons

Le dragon est mis à l’honneur au musée du Quai Branly - Jacques Chirac, grâce à un partenariat avec le musée national du Palais de Taïwan : statuettes, vêtements, tissus, peintures… Jusqu’au 1er mars 2026.

+

expo dragons