Le musée du Moyen Âge, ou musée de Cluny, expose les licornes jusqu’au 12 juillet 2026, un animal imaginaire qui a pourtant traversé les âges et les millénaires, dans les croyances et les représentations artistiques.
Animal fascinant, la licorne a longtemps été considérée comme réelle. Elle a inspiré les artistes depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, laissant de magnifiques traces dans l’histoire de l’art. C’est ce dont témoigne la passionnante exposition du musée de Cluny à Paris.
Suivant un parcours thématique, le visiteur découvre cette licorne universelle dont le plus ancien témoin est un sceau en stéatite. Il provient de la civilisation de l’Indus, située dans l’actuel Pakistan et datant de 2000 avant J.-C. Juste à ses côtés se trouve une touchante Gazelle agenouillée, unicorne, en bronze doré du XVIIIᵉ siècle, trouvée au Tibet. Sa légende indique que Bouddha aurait prêché dans le parc aux gazelles de Bénarès et qu’il est souvent entouré de deux créatures à corne unique. La Chine, le Japon, la Turquie ont aussi leurs licornes…
En Occident, ces équidés légendaires ont eu un impact important. Au Moyen Âge, on pensait qu’ils avaient été créés avec les autres animaux lors de la Création du monde. Un livre d’heures de Charles Quint présente, sur une de ses enluminures, deux licornes montant dans l’Arche de Noé.
Au XVIIᵉ siècle, les scientifiques remettent en cause son existence et déclarent que sa corne légendaire est en fait la dent d’un mammifère marin : le narval. Le Bâton de saint Amor (v. 1487) et la Canne d’apparat de Talleyrand (1800-1838) en sont de remarquables exemples.
Dans les temps anciens, la licorne est parfois décrite sauvage et combative, ainsi l’enluminure de Saint Antoine assailli par des animaux sauvages (v. 1190-1264) où elle symbolise le mal et les tentations. Paradoxalement, elle a aussi une dimension christique, comme sur le vitrail de la Vierge en gloire et Chasse mystique (v. 1480) qui associe l’annonce de la naissance de Jésus à l’idée que seule une jeune fille pure peut attraper la licorne.
Ailleurs est évoquée sa fonction de guérisseuse : on a longtemps cru que l’absorption de la poudre de sa corne protégeait des empoisonnements…
Symbole de pureté et d’amour, cette créature merveilleuse est à découvrir au musée de Cluny où sont également conservées les splendides tapisseries de la Dame à la licorne !
Du 10 mars au 12 juillet 2026.
Musée de Cluny, musée national du Moyen Âge,
28 rue du Sommerard, 75005 Paris
Tél : 01 53 73 78 00 – 01 53 73 78 16.
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9 h 30 à 18 h 15.
Fermeture de la billetterie à 17 h 30. Début de l’évacuation des salles à 17 h 45.
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