Ultra gauche (2/5) : Les réseaux d’une nébuleuse violente

Publié le 17 Oct 2024
ultra gauche réseaux Antifa

Un tag antifa Paris : l’ultra gauche est divisée en nombreux groupuscules. / Crédits : CC BY 2.0, Jeanne Menjoulet

> DOSSIER « Enquête sur l’Ultra gauche : Entre révolte et impasse »
Leurs manifestations et leurs exactions font la Une, leurs idées sont radicales, leurs causes très diverses et même contradictoires, leurs méthodes assez sommaires et leurs théories peu construites… Qui sont-ils et faut-il avoir peur des antifas, des Black blocs, des zadistes et autres « Soulèvements de la Terre » ?

  L’ultra-gauche constitue une mouvance active, parfois violente, qui se révèle, à y regarder de plus près, comme un assemblage précaire de groupuscules plus ou moins isolés. Cette fragmentation limite sa capacité à produire une véritable massification de sa radicalité. En d’autres termes, il lui est difficile de créer l’effervescence populaire et l’union des forces nécessaires à la révolution qu’elle appelle de ses vœux. Ce phénomène peut être attribué à une erreur doctrinale fondamentale : aucune révolution n’émerge d’un soulèvement populaire brut ; elle résulte plutôt du travail d’une élite sous-jacente. L’idéologie de la révolution spontanée ne pourra jamais se concrétiser.

Atomisation de la gauche

Concrètement, l’isolement de ces groupuscules s’explique par l’atomisation de la gauche. L’unité ainsi qu’un leadership clair leur font défaut, en raison de la fragilité des relations entre la gauche traditionnelle (PS), l’extrême gauche (La France insoumise) et l’ultra-gauche activiste (antifas, etc.). Il convient de souligner que le fait sociologique majeur, comme pour tout engagement politique, réside dans le besoin de stabilité personnelle et familiale de l’individu. Comme le disait déjà Maistre, l’agitateur politique privilégiera souvent le repos au combat sur le long terme. La gauche en général, et l’ultra-gauche en particulier, souffrent d’un processus biologique d’essoufflement des générations : l’âge tend à déradicaliser. De plus, la division des forces au sein de l’ultra-gauche est exacerbée par la diversification des causes, allant de l’altermondialisme à l’écologisme, en passant par la libération morale (LGBTQI+) et le combat antisystème. La diversité des engagements, combinée à la guerre des egos et des clans, représente l’ennemi principal de ce doux rêve qu’est la « convergence des luttes ». Par le passé, des affrontements ont déjà eu lieu entre syndicats et Black blocs. À l’image de notre société, la gauche en général est parcellisée, et peu de militants sont capables d’adhérer à une action radicale. Un autre frein notable est ce qu’on peut appeler l’« ubérisation » des intelligences. Quel est le projet politique d’envergure pour le renversement…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Damien Chenaux

Ce contenu pourrait vous intéresser

Société

Pas de culture chrétienne sans Dieu

L’Essentiel de Joël Hautebert | De multiples motivations et intentions expliquent un regain de revendication de la culture française et chrétienne. Mais on ne peut vouloir une civilisation chrétienne en évacuant son fondement, Dieu, dans le mystère de la Sainte Trinité.

+

culture chrétienne
Société

Europe : les chrétiens sont-ils en danger ?

Entretien | Fin décembre, le Centre européen pour le Droit et la Justice (ECLJ) a publié un rapport alarmant sur la haine antichrétienne en Europe. Son auteur, Thibault van den Bossche, dresse ici un état des lieux alarmant et préconise essentiellement des moyens d’action inscrits dans le système juridique européen.

+

haine anti chrétien
SociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
Société

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias