Le pape Léon XIV s’est rendu en Algérie du 13 au 15 avril. Le 14, il a célébré la messe dans la basilique Saint-Augustin d’Annaba, anciennement Hyppone, ville de l’auteur des Confessions. Pour son homélie, il a commenté le texte de Nicodème, rappelant que la la foi et la charité font renaître les hommes d’en-haut.
En fils de saint Augustin, le Pape vient d’accomplir son grand désir : vénérer son père sur la terre et les lieux mêmes où il s’est sanctifié. Après une visite protocolaire à Alger, le Pape s’est donc rendu à Annaba ou Hippone. Avec saint Paul et saint Thomas d’Aquin, saint Augustin est l’un des saints qui a le plus durablement marqué le christianisme.
En effet, sa pensée a dominé toute l’histoire de la théologie latine et elle fut prépondérante jusqu’au XIIᵉ siècle, animant encore de larges portions de l’œuvre de saint Thomas. Les grandes étapes de sa vie ont été retracées dans ses Confessions. Qui ne connaît sa jeunesse à Tagaste, ses séjours à Rome et à Milan, sa crise qui aboutit, après les prières de sa mère sainte Monique et l’influence de saint Ambroise, à son baptême le jour de Pâques, le 24 avril 387, la mort de sa sainte mère à Ostie, etc. ?
Héritier de la culture et de la philosophie antiques, il est le principal artisan de l’élaboration en Occident d’une culture et d’une civilisation chrétiennes. Il faudrait parler tant du philosophe que de l’exégète.
La controverse donatiste nous valut ses meilleures pages sur le mystère de l’Église. De 412 à la fin de sa vie, c’est la lutte contre le pélagianisme qui le préoccupa surtout. À une conception tout humaine et rationaliste de la grâce, saint Augustin oppose son expérience du péché originel, de la gratuité et de la toute puissance de la grâce. L’œuvre de saint Augustin représente bien le plus magnifique effort de la foi en quête de l’intelligence.
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Dans la basilique de Saint-Augustin à Annaba, le pape a rappelé que la parole divine traverse l’Histoire et la renouvelle par Jésus notre Sauveur. L’Évangile est vraiment la bonne nouvelle pour tous les temps. Les lieux changent, mais les saints restent les témoins fidèles d’un lien profond entre la terre et le Ciel. On en trouve un bel exemple dans l’entretien de nuit avec Nicodème. Le Christ insuffle à la faiblesse de sa foi et à la persévérance de sa recherche la nouveauté de l’Esprit de Dieu.
Renaître d’en-haut
Jésus appelle Nicodème à une vie nouvelle et il adresse cette invitation à toux ceux qui cherchent le Salut. La mission de toute l’Église, et par conséquent de la communauté chrétienne en Algérie, jaillit de l’appel de Jésus : renaître d’en haut. Cet impératif résonne comme un commandement impossible. En réalité, il s’agit d’un don de liberté qui permettra de renouveler l’humanité.
En fait, nous posons à Dieu la même question que Nicodème : pouvons-nous vraiment changer ? Nous sommes tellement encombrés ! Notre vie peut-elle vraiment recommencer complètement ? Oui ! Le Crucifié a porté tous nos fardeaux. C’est précisément dans la faiblesse que se manifeste la force de Dieu qui a ressuscité le Christ d’entre les morts.
Saint Augustin nous en donne un parfait exemple. Dans sa renaissance, providentiellement accompagnée par les larmes de sa mère, sainte Monique, il est devenu lui-même. Oui, les chrétiens naissent d’en haut. Une vraie réforme commence par le cœur, qui permet une unité spirituelle. L’Église ne repose pas sur un contrat social mais sur une harmonie dans la foi et qui a pour centre l’amour de Dieu fait homme pour sauver tous les peuples de la terre.
Tout était commun dans l’Église primitive. Personne n’était privé de quoi que ce soit. En transformant la possession en don, le dévouement fraternel n’est utopique que pour les cœurs qui rivalisent entre eux. La foi en l’unique Dieu, Seigneur du Ciel et de la terre, unit les hommes selon une justice parfaite qui invite chacun à la charité. Ainsi, faisons toujours à autrui ce que nous voudrions que l’on nous fasse.
Des grains d’encens
La charité doit être le fondement de la vie chrétienne. Notre vie peut changer parce que le Christ est ressuscité d’entre les morts. Notre tâche est de rendre témoignage à Dieu d’un seul cœur et d’une seule âme devant le monde. Les chrétiens d’Algérie doivent rester un signe humble et fidèle de l’amour du Christ, donnant ainsi saveur et lumière là où ils vivent.
Leur présence fait penser à l’encens, ce grain incandescent qui diffuse son parfum parce qu’il rend gloire au Seigneur. C’est un élément précieux qui invite à tourner nos cœurs vers Dieu. La louange s’élève de l’encensoir de notre cœur, en répandant sa suave odeur. C’est sur cette terre d’Algérie que les martyrs ont prié, c’est ici que saint Augustin a aimé son troupeau en cherchant la vérité.
Que Notre Dame d’Afrique protège l’Algérie autrefois chrétienne et qui doit le redevenir.
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