Le Pape nous montre la richesse des psaumes, à la fois parole de Dieu et paroles de l’homme

Publié le 20 Oct 2020
Le Pape nous montre la richesse des psaumes, à la fois parole de Dieu et paroles de l'homme L'Homme Nouveau

Commentaire de l’allocution du Pape lors de l’Audience générale du 14 octobre 2020.

     Après une interruption liée aux enseignements sur l’après covid et la guérison corporelle mais surtout spirituelle, le Pape a repris, lors des audiences du mercredi, le thème de la prière. Ce fut d’abord Élie il y a dix jours. Mercredi dernier, il a abordé la prière des psaumes. Jean-Paul II et Benoît XVI et même le pape François ont déjà commenté à eux trois l’ensemble du psautier. Dans cette allocution, il s’agit d’une étude générale sur les Psaumes.

« La prière est pour l’homme le premier des biens ». Cette phrase bien connue de dom Guéranger trouvait déjà un écho dans l’Ancien Testament. Le Livre des Psaumes devait d’ailleurs traverser les siècles, l’Église héritant de ce trésor au point d’en faire elle-même le livre par excellence de sa prière. « Le psautier est ma joie », s’exclamait saint Augustin. Dès les origines, les chrétiens prièrent avec les psaumes, à l’imitation du Christ et de Notre Dame. Les Pères du Désert et les moines en firent leur pain quotidien.

     Bien que composés dans un milieu historique et culturel particulier, les psaumes ont une dimension universelle parce qu’ils touchent tout homme et tout l’homme. Dans ce livre, nous ne rencontrons pas des personnes éthérées ou abstraites, mais des êtres vivants criant vers leur Dieu, avec leurs problèmes et leurs souffrances. Ils l’invoquent sans aucun maquillage. Que l’on pense au psaume 50 de David inondé par les larmes du repentir. Ce sont des prières composées par des hommes en chair et en os, placés dans des situations qui sont celles de tout homme : la joie, la souffrance, l’espoir, la maladie, l’injustice, l’oppression des adversaires, l’absence apparente de Dieu, avec cependant cette originalité que l’action de grâce envers Dieu l’emporte toujours. Ces psaumes évoquent les parties du corps humain : la gorge, les mains, la bouche, les oreilles, les yeux, les os, les pieds, le cœur, les reins, le souffle. Ils parlent du ciel, de la terre, de l’eau, du feu, de la lumière, du vent, du jour, de la nuit. Ils sont remplis d’images dont la plupart n’ont pas vieilli. Ils ont surtout une manière inimitable de s’adresser à Dieu, mêlant le respect et la familiarité, les formules déférentes avec les larmes et les cris de componction. Toutes les formes possibles de prière se retrouvent donc dans les psaumes depuis la simple prière de demande jusqu’à l’adoration. Si, comme livre inspiré, le psautier demeure toujours la Parole de Dieu, les prières qu’il contient apparaissent aussi comme parole ou, plus exactement, prière de l’homme et en ce sens le psautier constitue un recueil unique. Les psaumes sont la Parole de Dieu comme livres inspirés, mais sont aussi paroles sur Dieu et surtout paroles à et vers Dieu. Cette prière vivante inspirée de Dieu enrichit tous les anawim, ces vrais pauvres qui sont riches de leur foi et de leur confiance en ce Dieu qui s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté, comme le dit saint Paul. La prière des psalmistes sonne juste. Benoît XVI remarquait fort justement que, dans le Psautier, « toute l’expérience humaine avec ses multiples facettes et toute la gamme des sentiments qui accompagnent l’existence de l’homme trouvent leur expression ».

Les psaumes engendrent ainsi une lecture théologique et une lecture anthropologique. Ils sont à la fois parole de Dieu et parole de l’homme ; parole de l’homme, mais aussi prière du pauvre qui crie vers son Dieu, prière de l’innocent qui clame, comme Job, son innocence en même temps que sa propre souffrance. Mais cette prière des psaumes doit toujours se faire avec Marie et plus spécialement Marie au pied de la Croix qui se fait suppliante comme à Cana.

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