La Tunique d’Argenteuil (5/7) | 3 clefs pour comprendre la vénération des reliques

Publié le 06 Août 2025
relique vénération

Chasse reliquaire de sainte Geneviève dans la cathédrale de Nanterre. © Benoît GUEUDET, CC BY-SA 3.0

Cet été : La tunique d'Argenteuil témoin de la Passion

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Dès les premiers âges de l’Église, les chrétiens vénéraient ce qu’ils avaient pu conserver de leurs martyrs. Qu’ils soient des restes corporels, des vêtements ou des objets leur ayant appartenu, ces souvenirs précieux étaient le gage d’une mémoire vivante et porteuse d’espérance pour les âmes militantes restées ici-bas.

  Contrairement à ce que l’on croit parfois, les catacombes n’étaient pas d’abord des lieux de célébration des sacrements en cachette pour les temps de persécution, mais des lieux de sépulture et de vénération des chrétiens et des saints. L’habitude fut bientôt prise par l’Église de ne célébrer la messe que sur les tombeaux ou les restes – en latin reliquiae – des martyrs.

512px Jules Eugene Lenepveu The Martyrs in the Catacombs relique

Les Martyrs aux catacombes (Jules-Eugène Lenepveu , 1855).

Pourquoi conserver des reliques ?

Tel le soldat conservant avec lui les cheveux de la bien-aimée, ou les enfants gardant comme des trésors les souvenirs du grand-père, les chrétiens ont en effet transmis dès les premiers siècles les souvenirs des plus honorables d’entre eux, et particulièrement de ceux qui avaient donné leur sang pour le témoignage de leur foi. C’est le premier argument avancé par saint Thomas d’Aquin pour éclairer la pratique du culte des reliques :

« Il est clair que celui qui aime quelqu’un vénère après sa mort ce qui reste de lui ; non seulement son corps et des parties de son corps, mais aussi des objets extérieurs, comme des vêtements. » (1)

Il cite aussi saint Augustin pour lequel :

« Si les vêtements et l’anneau d’un père sont d’autant plus chers aux enfants qu’ils aiment davantage leurs parents, on ne doit aucunement mépriser les corps qui nous sont encore beaucoup plus familiers et intimement unis que les vêtements que nous portons; ils se rattachent en effet à la nature même de l’homme. » (2)

On voit ici s’introduire une distinction entre plusieurs…

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Abbé Paul Roy, fssp

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