> Initiatives chrétiennes (n° 1849)
Trisomiques, autistes, « multi-dys », les enfants porteurs d’un handicap ont aussi une soif de savoir. Pour leur offrir cette possibilité, tout en restant à leur rythme, l’école Jacinthe-et-François de Rambouillet a décidé d’ouvrir une classe « extra-ordinaire » en septembre prochain. Un beau projet. Entretien avec Blanche Billet, directrice.
| Le 4 décembre 2025, vous avez participé à l’événement « la Nuit du Bien Commun », aux Folies Bergères de Paris, pour présenter un « projet extra-ordinaire ». De quoi s’agit-il ?
L’école Jacinthe-et-François est une école hors contrat créée en 2002, à Rambouillet. Son développement a été remarquable, et nous comptons aujourd’hui 231 élèves dans 12 classes allant de la petite section au CM2. Je suis mère de quatre enfants, dont un porteur de la trisomie 21, Joseph. En 2015, l’école Jacinthe-et-François a accepté de l’accueillir dans ses rangs, pour lui permettre de profiter du même enseignement scolaire que ses frères et sœurs. L’école a dû aménager un emploi du temps pour lui, avec l’aide de mamans qui se sont proposées comme bénévoles pour l’accompagner à certains moments de la journée. Depuis, l’école Jacinthe-et-François a accueilli d’autres enfants « extra-ordinaires ». Aujourd’hui, nous en comptons six, porteurs d’autisme, de trisomie, de TDA (trouble déficit de l’attention) ou « multi-dys ». Nous sommes cependant arrivés à un seuil : accueillir un ou deux enfants porteurs de handicap était possible. Mais, le nombre augmentant, il devenait difficile de s’adapter correctement à eux. Ces enfants ont besoin de plus de temps, de plus de manipulation. Il fallait leur proposer un lieu où ils puissent progresser à leur rythme. C’est pourquoi nous avons décidé d’ouvrir, pour septembre 2026, une « classe extra-ordinaire », qui accueillera à certains moments de la journée les quatre enfants porteurs de trisomie ou d’autisme. Cela leur permettra de continuer à acquérir de nombreux enseignements, mais à un rythme plus personnalisé. Deux adultes (une enseignante spécialisée et une AESH, accompagnant(e) des élèves en situation de handicap) suivront ces enfants. Notre projet inclut également la présence d’une autre AESH pour les deux enfants TDA et « multi-dys », qui resteront cependant dans leur classe.







