Commerce avec l’Inde, un cas de conscience pour la France ?

Publié le 02 Mar 2026
inde

Le Premier ministre indien, Narendra Modi, recevant le président Macron, en février. (Photo : GODL India, Prime Minister Office)

Le président Emmanuel Macron revient de trois jours en Inde et a annoncé la commande de 114 avions Rafale pour une somme de 33 milliards d’euros. Des accords commerciaux et des relations diplomatiques que l’attitude du gouvernement hindouiste face aux autres religions ne semble pas empêcher.

  Après un voyage officiel en Inde de trois jours, du 17 au 19 février derniers, le président Emmanuel Macron revenait triomphant en France. Il apportait la nouvelle d’une commande imminente de 114 avions Rafale aux industries Dassault et annonçait un « rehaussement » du « Partenariat stratégique global spécial » entre nos deux pays. Ne boudons pas notre plaisir ! Même si les contrats ne sont pas encore signés, le ministère indien de la Défense les a approuvés le 12 février. Avant le déplacement du président français, donc. C’est quand même une aubaine de 33 milliards d’euros pour Dassault ! Il s’agit du côté face et, plus exactement, faste de l’Inde. Toujours côté « faste », la France peut s’enorgueillir de quelques beaux souvenirs en matière de relations : une présence légère à la période coloniale et une indépendance de nos anciens comptoirs (Pondichéry, Karikal, Yanaon, Mahé et Chandernagor) dans la douceur. Mieux, au XIXᵉ siècle, des échanges culturels sous l’influence du romantisme et de la spiritualité avec Lamartine et Edgar Quinet. Des choses qui ne fâchent pas !  Mais il y a aussi le côté pile. Depuis 2014, le pays est gouverné par le Bharatiya Janata Party (BJP) et le Premier ministre Narendra Modi. Or cette formation politique tient un discours raciste, s’appuyant sur la majorité hindouiste et stigmatisant les minorités, dont la plus importante, celle des musulmans. Mais pas seulement. Dans certains États de l’Inde, sans que les autorités interviennent, les chrétiens eux-mêmes sont victimes d’exactions de la part des milices du BJP. En 2019, le sénateur Jean-Noël Guérini adressait une question au gouvernement pour signaler qu’en Inde, l’année précédente, « 775 faits de persécution ont touché 50 819 personnes… Dans la même période, environ cent églises ont été attaquées ».  En 2022, dans une autre question au gouvernement, le député Thierry Benoit signalait que dans le même pays « des dizaines de milliers de chrétiens subissent des persécutions violentes de la part d’extrémistes hindous ». En 2025, l’European Centre for Law and Justice (ECLJ) dénonçait à nouveau la perturbation de 600 célébrations religieuses chrétiennes par des extrémistes hindous l’année précédente,…

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Alain Chevalérias

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