Sur la terre du Christ, observateurs, responsables religieux et éducateurs alertent sur une dégradation du climat autour des communautés chrétiennes. Ce qui fait redouter un affaiblissement durable de leur présence en Terre sainte.
Dans son rapport annuel 2025 consacré aux attaques contre les chrétiens en Israël et à Jérusalem-Est, le Rossing Center for Education and Dialogue recense 155 incidents, contre 111 en 2024 et 90 en 2023. Selon l’organisation israélienne, les auteurs identifiés sont tous juifs, le plus souvent adolescents ou jeunes adultes. Aussi les crachats visant des religieux ou des symboles chrétiens sont-ils les hostilités les plus fréquentes. Suivent les actes de vandalisme visant statues, croix, tombes ou églises, ainsi que les insultes.
Un double phénomène

Mgr William Shomali. © Office média patriarcat latin de Jérusalem
Mgr William Shomali, évêque auxiliaire du Patriarcat latin de Jérusalem, voit dans l’évolution des chiffres un double phénomène. Selon lui, certaines agressions ou humiliations quotidiennes relèvent d’attitudes individuelles nourries par une éducation fermée et méfiante à l’égard du christianisme. Mais leur répétition contribue à installer
« une forme de normalisation », estime-t-il. Le vicaire général pour Jérusalem et la Palestine tient à souligner que
« la grande majorité de la société israélienne ne partage pas ces comportements ». Depuis le concile Vatican II et la
déclaration Nostra Aetate, il explique que les relations entre juifs et chrétiens se sont considérablement améliorées :
« un grand nombre de juifs pratiquants est conscient de cette évolution et agit en conséquence, dans un esprit de respect et de dialogue ». L’évêque revient ainsi sur l’agression d’une religieuse française survenue fin avril près du Cénacle et du tombeau de David, sur le mont Sion à Jérusalem, en rappelant que c’est un citoyen juif qui est intervenu pour lui porter secours et maîtriser l’agresseur. Ces violences, précise Mgr Shomali, demeurent donc
« le fait d’une minorité », souvent issue de
milieux juifs ultra-orthodoxes où subsistent encore, selon lui, des représentations anciennes du christianisme héritées de l’Histoire.
« Dans un passé lointain, développe-t-il, les juifs ont souffert de la part des chrétiens, notamment en Europe, souvent en lien avec des interprétations du récit de la crucifixion du Christ. » Selon l’évêque, ces groupes aujourd’hui
« adoptent parfois une vision exclusive de l’identité et de la vocation de Jérusalem, alors même que cette ville est, par…
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