> L’Esprit de la liturgie
Les textes évangéliques, leurs commentaires et les hymnes de la fin du carême reflètent la tension grandissante qui précède la Crucifixion mais annoncent aussi la Résurrection dont la Croix est l’étendard glorieux.
Après quatre semaines où l’Église a appelé à la conversion à la suite du Christ au désert, les dix jours qui nous séparent du triduum pascal nous montrent Jésus en butte à la haine grandissante de ses ennemis. Ainsi, l’évangile de ce dimanche voit l’affrontement entre les Juifs incrédules et Jésus (Jn 8, 46-59 ; MR 1962) ; à celui-ci qui leur dit qu’ils ne sont pas « de Dieu » parce qu’ils ne le croient pas, ils répondent : « N’avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu es possédé du démon ? » (v. 48). Enfin, le Christ affirme sa divinité : « Amen, amen, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis » (v. 58). Voici le commentaire de saint Grégoire le Grand († 604) : « “Avant” indique le passé, et “Je suis” le présent. Parce que sa divinité n’a ni passé ni futur, mais existe toujours, le Seigneur ne dit pas : “Avant Abraham, je fus”, mais : “Avant Abraham, je suis”. C’est pourquoi Dieu a déclaré à Moïse : “Je suis celui qui suis”» (18e homélie sur les évangiles). Et ses interlocuteurs voulurent alors le lapider…
La résurrection de Lazare
Deux semaines avant Pâques, le Missel romain de 1970 suit cette année son enseignement des catéchumènes : après avoir échappé à une autre tentative de lapidation, Jésus ressuscite Lazare (Jn 11, 1-45) après une parole étonnante : « Lazare est mort et je me réjouis de ne pas avoir été là » (v. 14-15).
« C’est donc cela aimer ?, s’interroge saint Pierre Chrysologue († 450). Le Christ se réjouissait parce que la tristesse de la mort allait bientôt se transformer en la joie de la résurrection. (…) Dans la mort et la résurrection de Lazare se peignait toute la figure de la mort et de la résurrection du Seigneur, et ce qui allait bientôt suivre chez le maître était déjà réalisé chez le serviteur. Elle était donc nécessaire, cette mort de Lazare, pour que la foi des disciples, ensevelie avec Lazare, ressuscite avec lui. » (Sermon 63)
Après ce grand miracle, le Sanhédrin décidera la mort de Jésus (Jn 11, 47-54).
Les hymnes de la Passion
Loin de voir dans la Croix un objet…







