Vatican, guerre et paix (3/3) : Le cardinal Ottaviani et la possibilité de la guerre juste

Publié le 30 Avr 2026
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Le cardinal Ottaviani en 1962.

> DOSSIER « Guerre et paix : l’Église peut-elle (encore) jouer un rôle ? »
Nous publions ci-dessous, à titre documentaire, un court extrait des Institutions du droit public ecclésiastique, vol. I, Constitution sociale et pouvoir de l’Église (quatrième édition, amendée et augmentée avec l’aide du professeur Giuseppe Damizia, Typographie polyglotte vaticane, 1958), du grand théologien romain que fut le cardinal Ottaviani, proche collaborateur de Pie XII puis propréfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sous Paul VI.
Dans ce texte inédit en français, traduit de l’original latin, le cardinal, après avoir estimé que les conditions de la querre juste ne sont plus réunies dans les conflits modernes, pose cependant quelques limites tout en rappelant que l’objectif reste la paix.

 

En pratique donc il ne sera jamais permis de provoquer une guerre, pour revendiquer ses droits. Bien plus, il ne faudra pas entamer une guerre défensive, à moins que l’autorité légitime, à qui il revient de discerner, ne possède avec la certitude de la victoire, des arguments valables de la supériorité du bien qui résulterait pour le peuple d’une guerre défensive par rapport aux maux immenses qui viendront de la guerre pour ce peuple et pour le monde entier.  Autrement le gouvernement des peuples aurait la même valeur que le gouvernement de massacre universel où, comme cela fut manifeste lors de la dernière guerre, les victimes innocentes sont plus nombreuses parmi les civils que parmi les militaires. C’est pourquoi, face à un État totalitaire ou tyrannique, on applique encore, de facto, ce principe : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » Mais cela ne se justifie que si la société ou la coalition de sociétés, aimant véritablement la paix, préparent une force armée seulement en vue de se défendre. C’est évidemment la même raison pour laquelle « les objections de conscience », comme système général, ne peuvent être approuvées.  L’opinion répandue parmi les hommes politiques est qu’on pourrait ouvrir la voie pour la paix « en déposant les armes ou du moins en les limitant » (disarmo, désarmement).  Mais ce remède suppose que toutes les parties sont vraiment sincères et aiment la paix ; en revanche si, d’une part, il y a quelque mensonge, ruse ou désir de domination, toutes choses propres à un régime totalitaire ou à une faction tyrannique, ce moyen, loin d’être un remède, serait dangereux pour la partie qui cherche sincèrement…

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Bernard Callebat | Professeur des Facultés

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