Vers un front contre Cuba ?

Publié le 03 Juin 2026
cuba trump cia

Donald Trump en compagnie du directeur de la CIA, John Ratcliffe.

Mi-mai, le directeur de la CIA rencontrait les autorité cubaines au nom du président des États-Unis de façon ostentatoire. L’idée étant de faire pression sur l’île pour obtenir des réformes de gouvernance, dans la lignée du Venezuela et de l’Iran. Jusqu’où Donald Trump est-il prêt à aller ?

  Le 14 mai, un avion portant les couleurs de l’US Air Force se posait à la Havane. De mémoire de Cubain, un tel événement n’avait pas été vu depuis le renversement du régime pro-américain de Batista en 1959. Entre inquiétude et espoir, on imagine l’émotion de la population à un tel spectacle ! La suite paraît encore plus incroyable : John Ratcliffe, directeur de la CIA, débarquait de l’appareil avec une poignée d’hommes. Il venait rencontrer les autorités de l’île au nom de Donald Trump.

La menace cubaine

Quand les relations diplomatiques sont rompues entre deux pays, comme entre Washington et La Havane, il est habituel de confier les indispensables contacts aux services de renseignement. Néanmoins rarement avec autant d’ostentation ! L’actuel résident de la Maison Blanche entend faire impression et, par ce moyen, montrer à son électorat qu’il prend en main le dossier cubain. Depuis le mois de janvier, il ne cesse d’affirmer que Cuba représente une menace pour la sécurité des États-Unis et qu’en conséquence, il entend exercer les pressions nécessaires pour obtenir des réformes dans la gouvernance de l’île. Un scénario déjà vu, avec le Venezuela et aujourd’hui l’Iran. Certes, à Caracas, avec l’enlèvement « chirurgical » du président Nicolas Maduro, l’intervention s’est faite sans casse. Engendrant des conséquences négatives pour toute la planète, celle de l’Iran est plus périlleuse. Mais les rodomontades du président Trump suffiront-elles à faire fléchir un pouvoir ancré dans le pays depuis 67 ans ? On voit mal les apparatchiks locaux se démettre de leurs avantages sur un claquement de doigt des Américains. Une reproduction du « coup » de Caracas apparaît également difficile. Les partisans du régime cubain sont plus aguerris et le précédent du Venezuela ne peut que leur inspirer la prudence.

Un opération militaire

Reste l’alternative d’une opération militaire d’envergure. Certes, Cuba n’est pas l’Iran. L’île pourrait néanmoins réserver des surprises à Trump. On se souvient du débarquement de la baie des Cochons, en avril 1961. Une opération de la CIA qui avait tourné à la catastrophe. Reste que cette affaire a humilié les Américains. Pour Trump, laver l’affront d’avril 1961 serait un bon…

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Alain Chevalérias

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