> Carte blanche à Marie Piloquet
Il est des religions attachées à une terre, comme nourries par elle et qui s’étiolent immanquablement lorsqu’elles s’en éloignent. D’autres passent au-delà des frontières, mais au prix d’un ancrage quasi politique générant un conformisme froid, souvent la violence. L’universalité du catholicisme, nécessairement liée à sa Vérité, est une source d’émerveillement renouvelé. Le vice-président des États-Unis, JD Vance, vient de publier, le 16 juin, Communion: Finding My Way Back to Faith (1), où il retrace tout son cheminement spirituel, celui d’un ancien protestant du Midwest américain converti à la foi catholique, devenu grand lecteur de saint Augustin. Geste électoral ? Geste plutôt improbable, quand encore seulement 20 % des Américains se disent catholiques, quand tout le socle du pays a été forgé par une culture protestante anglo-saxonne qui sacralise la liberté politique et a toujours craint la souveraineté de l’Église. Vance affirme s’être converti parce que « les enseignements de Jésus-Christ sont vrais », comme il l’a déclaré à la sortie du livre. Et il n’hésite pas à dire comment cette foi est devenue, pour l’« Écossais-Irlandais des montagnes » qu’il est, le socle de sa vision de l’homme, de la société, mais aussi de son engagement public. Comment son intelligence et son cœur ont-ils basculé, avant qu’il ne reçoive le baptême en 2019 ? En visitant une cathédrale française, raconte-t-il, en se trouvant brusquement saisi par cette tradition immense aux racines plurielles. Si Vance déplore la triste décadence de l’Europe, il n’est pas sans savoir que le continent, et particulièrement la France, fut à la source du développement et de la diffusion de la Bonne Nouvelle, y compris d’ailleurs, à sa mesure, aux États-Unis. Le catholicisme américain n’a pas que des racines françaises, mais la place des prêtres missionnaires français est loin d’être anodine, comme le note Charles Vaugirard dans un ouvrage récent, Les Racines françaises du catholicisme américain (2). Avant que le traité de Paris de 1763 ne nous arrache tous nos territoires, ce qu’on appelait « la Nouvelle-France » regroupait la quasi-totalité du Canada actuel et plus du tiers des États-Unis actuels, et les missions catholiques françaises y rayonnaient. Deux décennies plus tard, c’est aux Sulpiciens français que le premier évêque de Baltimore fait appel pour fonder le premier séminaire des États-Unis : pas moins de 44 évêques français se retrouveront ainsi à la tête de diocèses américains. Le catholicisme…







